Laurent Albarracin, Le Message réisophique

Laurent Albarracin, Le Message réisophique

Poète philosophe, Laurent Albarracin se veut « réisophe » modéré. Des choses, il les contemple voire en jouit avec sobriété,. En particulier lorsqu’elles sont « finement ouvragées » en goûteur parcimonieux : « Avant tout, se tenir aussi tranquille et peu explosé qu’un baril de poudre ».

Matérialiste, il demeure animiste. Il est donc un sage parfait pour organiser le matière (peut-être même de l’âme comprise !) Bref, devant les choses, il reste assis bien plus que compulsif. Se comparant à un sanglier « tout entier un soc avec des sourcils froncés occupé à son labour personnel », il est tout de même éloigné de lui. Plus que prédateur, il cultive la fuite et ne convoite même pas la nuit.

Pusillanime à sa façon, il est tout sauf égoïste, ne cherche pas de gains et chérit son absence dont il « trouve des semelles dans les pas qui la précèdent » et ne cherche jamais à se noyer. Finalement, des choses il détourne l’usage voire les enterre pour les délocaliser et au besoin soulève leur dessous chics de manière secondaire, préférant des exercices privatifs de présence. Parfois il arrache leur mot quitte à « faire venir la motte avec ». C’est aussi par un tel humour une manière d’articuler le réel et d’en jouer de manière facétieuse et intelligente.

jean-paul gavard-perret

Laurent Albarracin, Le Message réisophique, Arfuyen, 2025, 112 p. – 14,00 €.

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