Laura Nillni, Les lumières de la ville (exposition)

Laura Nillni, Les lumières de la ville (exposition)

La vie dans les plis : Laura Nillni

En solo (et parfois avec Ricardo), Laura Nillni invente en différents types de médiums (vidéos, sculptures, peintures, art numérique, impressions, installations architecturales, etc.) un travail de lignes de force où l’image s’articule et se déploie selon divers labyrinthes. L’artiste utilise un vocabulaire dépouillé sans pour autant tomber dans un simple minimalisme : points, lignes, carrés, croix, portées musicales etc. ne se limitent jamais chez elle – à l’inverse d’un postmodernisme qui s’en est contenté – à un simple quadrillage,  fût-il critique.
Chez Laura Nillni, la plasticité des formes crée un imaginaire coloré et festif. Celui-ci offre à l’espace un déconditionnement. Les bords rigides deviennent en quelque sorte mouvants selon des modalités créées au départ avec l’aquarelle (chaque endroit est un autre endroit) ou le numérique (Contrapunto). L’artiste joue aussi sur des matières qu’elle propose virtuellement ou en nature et qu’elle « plie » pour les besoins de ses causes.

L’œuvre devient polyphonique et poétique. S’ouvrent des abîmes de présences insidieuses, implicites et parfois cinétiques (« La danse du caméléon »). Les sculptures murales s’inspirent souvent de la musique de Ricardo Nillni avec lequel elle joue aussi de diverses captures d’images. Même lorsque la matière est opaque, la transparence demeure présente. Héritière de Cage, elle fait de l’art non seulement un lieu du plein d’images et de sons mais aussi du vide et du silence. L’œuvre ne cesse de pousser à la méditation par le plaisir visuel.
Libre-échangiste des arts, Laura Nillni  crée des partitions sculpturales qui peuvent remplacer les dessins. Chaque matière virtuelle ou physique garde la possibilité devenir support de l’écriture ou une sorte de Songs Book. Le sémantisme ne passe que par des transitions de langages non limitées à un médium univoque. La « musication » plastique formalise un univers à la force évocatrice rare.

jean-paul gavard-perret

Laura et Ricardo Nillni,  Les lumières de la ville, Galerie Lélia Mordoch, Paris, 5 février – 12 mars 2016.

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