La plume de l’ange

La plume de l’ange

Un roman historique ayant pour cadre l’Imprimerie Amelot et l’édition de l’Encyclopédie de Diderot

Fabriquer un livre ne m’intéresse pas. Tant d’efforts, de conflits, de problèmes à résoudre pour faire connaître des propos certes parfois sensés, mais aussi souvent futiles et, pis, imbus d’amour-propre… cela n’a pas de sens !
 
Judith 17 ans est la cadette des trois filles de l’imprimeur Balthazar Amelot. Elle s’intéresse de près au métier de son père tout en sachant qu’elle ne pourra jamais hériter de l’imprimerie. Seul, son petit frère Louis, mort en bas âge, aurait pu y prétendre. Les ouvriers n’apprécient guère cette jeune fille trop curieuse à leur goût (ils la surnomment « la mouche ») et qui ne sait pas garder sa place mais son père la soutient et apprécie son jugement et sa passion pour la chose imprimée.
Le jour de la chandeleur de l’an 1759, l’imprimeur et sa fille sont conviés à Versailles chez Blaise Armand de Morderant, le valet de chambre du Dauphin ; féru de littérature, il possède une bibliothèque importante qu’il désire faire expertiser. Mais l’entrevue tourne court et le lendemain, Amelot est arrêté sur ordre du roi, sans raison apparente, et conduit à Vincennes.
La famille est désemparée mais Judith reçoit une lettre de soutien (en même temps qu’une déclaration d’amour) d’un correspondant anonyme lui enjoignant de ne pas baisser les bras…
 
Laure Bazire et Flore Talamon continuent, pour notre plus grand plaisir, d’explorer le siècle des Lumières. Le cadre principal de ce roman est l’imprimerie Amelot, point de départ du mystère qui entoure l’ouvrage de Quatreterre, auteur de romans exotiques et de l’histoire personnelle de Judith que les coups du sort répétés vont faire mûrir. C’est là aussi qu’elle va rencontrer l’amour. Mais le suspens n’est pas à huis clos et l’intrigue nous emmène dans d’autres lieux : un salon littéraire, la sinistre prison de Vincennes, sur la place du Trône où l’on « exécute » un livre en public ou dans une antichambre du château de Versailles. Et puis le suspense reste entier jusqu’aux dernières pages : qui désire pousser la famille Amelot à la ruine et dans quel but ? Y aurait-il un lien avec l’interdiction d’imprimer la suite de l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert ? A moins que les raisons de tout ce désordre ne soient plus intimes…
 
Voici un roman historique particulièrement enlevé, conduit par une héroïne très attachante. La fin du livre, très ouverte, peut laisser espérer un second volume. Ce serait un plaisir.

patricia chatel

Laure Bazire, Flore Talamon, La plume de l’ange, Nathan (coll. Nathan Poche. Histoire), février 2009, 320 p. – 6,90 €. A partir de 12 ans.

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