La menthe anglaise

La menthe anglaise

D’un côté, le sublime, l’enfance bleue de virginité. De l’autre, le grotesque, l’oratorio cochonné.
Entre les deux : le vérisme plat, la psychologie pittoresque, le spectacle de consommation.
Passons entre ces piliers pour affleurer ce qui promeut, loin de l’impudeur du sublime, la trivialité du mauvais goût, la bouffonnerie, l’idiotie provocante, radieuse entre sotie et mystère qui ne tient que d’ignorer que nous ne sommes corps et âme, ni à lui ni en elle. Nos os pleins d’arthrose grincent et l’âme brasse sa crasse avant d’y passer la débarbouillette (elle racle jusqu’au cul du ciel livide, zébré de bleu d’ecchymose.)

Peu à peu, les orties mangent nos jambes lorsque nous nous asseyons près de l’Antipolis de Nice là où enfin les rues de la ville sont tirées à angle droit. Même jusqu’à la mer que nous aimons ou pas, d’autant que sa beauté n’efface pas la tristesse mais protège de la neige. Elle porte en elle le poids de nos amantes anglaises. Et elles de conclure : « I didn’t want to see you and I saw you three times ». Mais comme chaque femme, elles mesurent notre humanité à l’aune de chaque ville.

Photo : Raphaël Neal

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