La Loi du plus beau

La Loi du plus beau

Dans un avenir trés proche, la dictature de la beauté est mise en place

Depuis 2022, la population française est répartie au long des cinq catégories que compte l’échelle d’Apollon : la catégorie 5 rassemble les « individus au physique éblouissant » tandis que la catégorie 1 réunit ceux qui sont affligés d’un « physique repoussant ». Selon le secrétariat d’État à l’Esthétique, chaque citoyen est désormais soumis à ce classement des plus intolérants.
Karol, 22 ans, a un enfant à charge et recherche désespérément un emploi dans le tourisme. Bardée de bons diplômes, elle aurait toutes ses chances, si elle n’était pas affectée d’un physique moyen de catégorie 3. Écœurée par ces mesures discriminatoires, son chemin croise celui de Momo, un aolescent de dix-sept ans qui lui non plus n’appartient pas aux catégories les plus élevées. Tous deux rejoignent Héphaïstos, un groupe de militants anti-échelle Apollon. Pour lutter contre la dictature de la beauté, le groupe, avec à sa tête le beau Luther, commence par taguer des slogans sur des encarts publicitaires. Très vite leurs actions deviennent plus extrêmes, et l’attaque d’une clinique spécialisée dans la chirurgie esthétique tourne mal. Karol est dépassée par les événements et commence à se demander si elle a fait le bon choix. Pourra-t-elle à la fois lutter contre le charismatique Luther et l’échelle d’Apollon ?

Christophe Lambert, habitué de le collection « Autres mondes » de Mango jeunesse, sait décidément surprendre son lectorat en abordant des thèmes variés et pas toujours faciles. Après le voyage dans le temps dans Souviens-toi d’Alamo, il avait très bien su parler du clonage et de ses dérives dans Petit frère. C’est maintenant à notre société de plus en plus centrée sur l’apparence et l’importance de l’image qu’il s’attaque. Il montre clairement, à travers cette échelle d’Apollon étatisée et le parcours de Karol, à quels excès la « dictature de la beauté » pourrait nous conduire mais aussi jusqu’où de telles pressions risquent de mener des individus désespérés.

Le paraître semble de plus en plus prendre le pas sur l’être, et dans certains secteurs économiques, les employeurs attachent autant d’importance – sinon plus – au physique de leur personnel qu’à leurs performances. Les femmes se doivent de ressembler à des top models et les hommes à des dieux grecs ; l’image que leur renvoie les médias n’est pas étrangère à ce phènomène d’uniformisation du physique. L’héroine de La Loi du plus beau,tout d’abord prisonnière de ce système, sombre dans une forme de terrorisme pour y échapper ; et elle se laisse entraîner dans un engrenage infernal. Son libre arbitre reprendra néanmoins le dessus… Le roman est mené à un rythme trépidant, l’histoire est captivante, et l’espoir réapparaît au bout du tunnel. Autant de bonnes raisons qui font de ce roman un livre incontournable, et cela n’est pas seulement dû à la beauté de la jaquette signée Manchu !

franck boussard

Christophe Lambert, La Loi du plus beau, Mango jeunesse, coll. « Autres mondes », 2004, 175 p. – 9,00 €.

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