La double mort de l’horloger (Ödön von Horváth/André Engel)
Le théâtre d’Ödön von Orvàth met en perspective la réalité sans chercher à l’informer ni à la réformer
La scène est dans un foyer allemand des années 1920. On y assiste à des bribes de vie quotidienne, constituées de dialogues francs, simples, construisant une intrigue banale. Il s’agit d’une famille désunie, qui se jette vivement ses répliques acerbes. L’un des fils, soupçonné de meurtre, se suicide au domicile de sa mère. André Engel a choisi de traiter comme un seul spectacle deux pièces ayant la même thématique. Les comédiens jouent un rôle similaire dans un décor très proche. Il en résulte un effet pseudo-narratif qui incite à la comparaison des situations, à la mise en perspectives des deux textes. Les éléments mobiles du décor sont déplacés au cours de rapides entractes lors desquelles des vidéos animent les façades, projetant des images rappelant Les temps modernes de Chaplin.
Les personnages paraissent ballotés par l’action qui les emporte ; ils semblent vivre de façon irréfléchie leur existence. Ils se débattent avec leurs passés respectifs, dont ils ne peuvent s’extirper. Le théâtre d’Ödön von Orvàth met en perspective la réalité sans chercher à l’informer ni à la réformer. Il en résulte un sentiment de platitude, de normalité, sinon de banalité. L’auteur ne donne pas de leçon, s’en tient à une vocation de restitution. La mise en scène et les acteurs sont efficaces ; ils rendent ce spectacle efficace, en dépit de son ambition sans doute trop limitée. Des textes tout en nuances et qui donnent le reflet de leur temps, un metteur en scène qui n’a d’autre intention que la fidélité ; il en résulte une représentation transparente, qui sollicite l’intérêt sans vraiment le nourrir.
christophe giolito
La double mort de l’horloger
d’Ödön von Horváth
Mise en scène André Engel
© Agathe Poupeney/ Richard Schroeder
Avec
Caroline Brunner, Yann Collette, François Delaive, Évelyne Didi, Yordan Goldvaser, Jérôme Kircher, Gilles Kneusé, Manon Kneusé, Arnaud Lechien, Antoine Mathieu, Tom Novembre, Ruth Orthmann, Julie-Marie Parmentier, Natacha Régnier, Marie Vialle.
D’après deux pièces d’Ödön von Horváth
Meurtre dans la rue des Maures (1923) et L’Inconnue de la Seine (1933)
Texte français Henri Christophe
Adaptation André Engel et Dominique Muller
Mise en scène André Engel
Dramaturgie Dominique Muller
Scénographie Nicky Rieti
Lumières André Diot
Costumes Chantal de la Coste
Son Pipo Gomes
Assistante à la mise en scène Ruth Orthmann
Au Théâtre National de Chaillot, 1, place du Trocadéro, Paris 16e. Tél. : 01-53-65-30-00.
Du mardi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h 30, du 17 octobre au 9 novembre.
http://theatre-chaillot.fr/theatre/andre-engel-odon-von-horvath/la-double-mort-de-horloger
Durée : 2 heures.
Production déléguée Théâtre National de Chaillot
Production Théâtre National de Chaillot / Le Vengeur Masqué • Coproduction L’Espace Jean Legendre – Théâtre de Compiègne
Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National
