La Belle et la Bête

La Belle et la Bête

Un très beau livre qui rend au conte son mystère et sa poésie, où chaque page tournée est une invitation au rêve…

Une gageure que de réécrire un conte classique moult fois adapté sous toutes les formes possibles : recueil, films, dessins animés, séries télé !
Cependant cette dernière version n’est pas qu’un bel album de plus mais une œuvre picturale et poétique qui a demandé deux années de travail.
Les somptueuses illustrations en double page sont réalisées à partir de poupées en glaise peintes et costumées, puis photographiées et incrustées dans le décor par ordinateur.
Émilie Étienne, férue de cinéma d’animation, ne fait d’ailleurs pas mystère de ses références à Dark Cristal ; et le masque léonin de La Bête n’est pas sans rappeler celui de Jean Marais dans le film de Cocteau. Chaque décor a sa couleur dominante et le bleu profond de la forêt s’oppose au flamboiement des dorures du palais de La Bête. L’infographie permet de multiplier les angles de vue et chaque début de chapitre est illustré en ombre chinoise.

Jean-Frédéric Noa, metteur en scène et auteur, a réécrit le conte en insérant des textes courts et poétiques dans des cadres baroques proches de ceux du cinéma muet. En outre, les auteurs ont choisi de remonter aux sources du conte, bien avant celui de Madame Le Prince de Beaumont (1757), copie moralisante d’un texte de Gabrielle de Villeneuve (1740).

Comme il se doit, La Belle, gracile poupée aux grands yeux mélancoliques, traversera les apparences et fera tomber le masque du monstre ensorcelé.

L’album d’Émilie Étienne et de Jean-Frédéric Noa est tout simplement féerique et trouve surnaturellement sa place au sein de l’univers d’AK éditions, spécialisées dans les lutins, elfes, sirènes et autres créatures fantastiques.
Un très beau livre qui rend au conte son mystère et sa poésie, où chaque page tournée est une invitation au rêve.

Patricia chatel

Emilie Etienne et Jean-Frédéric Noa, La Belle et la Bête AK Editions, 2004, 24 x 32 cm, 72 p. – 25 €. Pour les amateurs de merveilleux à partir de huit ans.

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