Kinky Friedman, Le Chant d’amour de J.Edgar Hoover
Kinky Friedman, le détective aux allures de cow-boy, est de retour pour sauver ses amis victimes d’Al Capone décédé et du FBI.
Huitième aventure du détective… Kinky Friedman, Le Chant d’amour de J. Edgar Hoover remet en scène tous les principaux personnages – de l’ancien journaliste McGovern à la jeune et jolie petite amie, Stéphanie DuPont en passant par les deux homonymes Ratso – de la désormais célèbre saga de ce New-yorkais hors pair, ancien chanteur de country au large stetson et aux cigares jamaïcains aussi gigantesques que puants.
L’histoire commence sur des airs de déjà vu. L’empreinte de Sherlock Holmes est là. D’abord en filigrane puis de plus en plus prononcée. Une jolie vamp – Polly Price – fait appel aux talents de détective de Friedman afin de retrouver son mari qui vient de disparaître. Le problème, c’est que le disparu l’est depuis maintenant sept ans, si Friedman en croit ses contacts, et qu’on s’amuse à fouiller son loft pendant ses vadrouilles.
Dans le même temps, son Irlandais d’ami, McGovern, voit des MIB (Men In Black !) partout. Des petits hommes verts aussi et un Indien enturbanné qui l’espionne dans l’escalier de secours. Personne ne le croit. Encore moins Friedman qui connaît son penchant pour le whisky.
À force d’imaginer le possible, Kinky Friedman se met à imaginer l’impossible et à se dire que les deux histoires sont liées et bien réelles. Cette déduction faite, il est confronté à la disparition de McGovern et de Polly Price. Le FBI est au cœur de cette affaire. Et on ne se bat pas contre le FBI, sauf que…
Kinky Friedman et son détective du même nom nous offrent un roman caustique, graveleux, plein d’humour noir – et tout imprégné du passé de l’auteur, ancien pasticheur de groupes country. Sans doute est-ce sa haine de Hoover, patron du FBI pendant quasiment un demi-siècle, et de tout ce qu’il représente – espionnage à outrance afin d’éliminer tous ceux qui sont contre lui, donc contre l’Amérique – qui l’a conduit à écrire ce roman où le FBI est loin d’avoir le beau rôle.
Véritable parodie policière, Le Chant d’amour de J. Edgar Hoover est une perle de divertissement dans l’Amérique contemporaine et se lit avec beaucoup de plaisir. Á l’heure où le téléphone portable fait partie intégrante de nos vies, les deux téléphones sonnant en stéréo dans le loft de Friedman pour le plus grand déplaisir de son chat, réel roi des lieux et dont la créativité artistique est attestée par ses crottes précolombiennes, détonnent dans cet univers par moments ubuesque.
julien védrenne
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Kinky Friedman, Le Chant d’amour de J.Edgar Hoover (traduit par Frank Reichert), Rivages, 2004, 276 p. – 8,40 €. |
