Juliette Savaëte l’enlumineuse – entretien avec l’artiste

Juliette Savaëte l’enlumineuse – entretien avec l’artiste

Le travail de « miniaturiste » de Juliette Savaëte repose sur la répétition et la variation. L’ex-élève de Claude de Viallat a trouvé sa propre voie. Les formes cellulaires touchent un vide sur lequel – telles des funambules – elles jouent en devenant des énigmes traversières.
Emane l’impression d’un silence de velours où le regardeur lui-même devient errant d’une joie qui perce. Il existe là des fables, des augures mais dont on ignore la clé. Il convient de fouiller l’écart d’un relief parmi d’autres « sur-vivances » dans l’appel d’une paix ineffable offerte à l’amplitude. Le baroque se crée par la précision d’une enluminure étendue au champ du support pour offrir au regardeur du plaisir . L’art est donc hédoniste cela est suffisamment rare pour être souligné.

Entretien :

Qu’est- ce qui vous fait lever le matin ?
L’envie de créer, l’inconnu d’une nouvelle journée.

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
Ils viennent toujours visiter mon inconscient.

A quoi avez- vous renoncé ?
A tout sauf à l’essentiel. Continuer à créer.

D’où venez- vous ?
Du ventre de ma mère mais je ne sais pas où je vais… je cherche.

Qu’avez- vous reçu en dot ?
Une sensibilité à fleur de chair.

Un petit plaisir quotidien ou non ?
Chaque jour porte en lui une multitude de petits plaisirs simples… Mon petit plaisir à moi, c’est de m’en rendre compte.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres écrivains ?
Mon alphabet… le mien est constitué de formes et de couleurs.

Quelle est la première image qui vous interpella ?
Le désert… l’absence de limites… l’infini.

Et votre première lecture ?
Des carnets de voyage d’explorateurs de l’extrême.

Pourquoi votre attirance vers le dessin ?
Parce que c’est naturel et instinctif… brut et sans artifices… universel.

Quelles musiques écoutez- vous ?
La musique pour moi correspond à des mises en situation. Quand je travaille le dessin ou la peinture, je ne peux supporter que le classique.

Quel est le livre que vous aimez relire ?
 » Je voudrai pas crever » de Boris Vian, c’est beau, c’est cru, c’est doux… sublime.

Quel film vous fait pleurer ?
« Platoon ».

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez- vous ?
Je vois La Femme.

A qui n’avez- vous jamais osé écrire ?
Je n’ai jamais osée ne pas oser.

Quelle ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
Le désert / l’Océan/ Le sommet d’une montagne/ Une forêt luxuriante.

Quels sont les artistes et écrivains dont vous vous sentez le plus proche ?
De tous. Cela me rassure que les artistes existent.

Qu’aimeriez- vous recevoir pour votre anniversaire ?
Un baiser suivi d’un silence.

Que défendez- vous ?
La beauté des actes, des mots, des êtres. L’intuition. La spontanéité, l’authenticité.

Que vous inspire la phrase de Lacan:  » L’Amour c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas? » Cette phrase est juste sublime. Elle résume à elle seule le sens de: « aimer ».

Que pensez- vous de celle de W. Allen:  » La réponse est oui mais quelle était la question? » Elle est le symbole de l’envie.. la curiosité. Dire oui c’est avoir envie, donc si  » la réponse est oui mais quelle était la question? » la question est: NON ?

Quelle question ai- je oublié de vous poser? Toutes celles qui restent et que vous n’avez pas osé me poser.

Présentation et entretien réalisés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 16 décembre 2015.

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