Juliette Benzoni, Le bal des poignards, tome 2 – Le Couteau de Ravaillac
Suite de La Dague au lys rouge
Le Couteau de Ravaillac est le second tome du Bal des poignards de Juliette Benzoni, la « reine du roman historique français ». On y retrouve la cour du roi Henri IV, et surtout celle de la reine puis régente Marie de Médicis. On y rencontre le jeune roi Louis XIII, l’habile Concino Concini promu maréchal d’Ancre, et sa femme la Galagaï, ombre manipulatrice avide de richesses.
Henri IV doit supporter la « clique italienne » qu’il a admise auprès de son épouse, même s’ils l’insupportent, et il a même accepté que Marie soit couronnée. Obnubilé par sa nouvelle folie amoureuse, la jeune femme du prince de Condé, Charlotte de Montmorency, il refuse de croire aux rumeurs de plus en plus pressantes qui hantent les couloirs du Louvre : on chercherait à le tuer. Un géant roux habillé de vert, catholique fanatique, est convaincu qu’il est l’antéchrist et doit passer par la lame de son couteau. Malgré les mises en garde et les pressentiments, Ravaillac parviendra à ses fins, plongeant le pays dans la douleur et entraînant une régence extravagante.
Mêlant leurs aventures à celles de ces personnages réels occupés à vivre l’histoire que l’on connaît, l’on retrouve ceux qui habitent le roman. La belle Lorenza a accepté d’épouser le gentil Thomas de Courcy qui l’a sauvée de l’échafaud. Leur lune de miel est de courte durée, interrompue par un ordre du roi envoyant le jeune marié pour une mission secrète aux Pays-Bas. La guerre menace et avec le départ de Thomas commence pour Lorenza et sa nouvelle famille une attente angoissante.
Auteur d’un grand nombre de trilogies, quadrilogies et autres romances sur fond historique, Juliette Benzoni jouit d’une grande popularité auprès d’un lectorat fidèle depuis des années. Le deuxième et dernier volet des aventures de Lorenza, désormais baronne de Courcy, se concentre en particulier sur les imbroglios politiques entourant l’assassinat d’Henri IV et sa succession. L’alliance avec l’Espagne, les machinations et les arcanes du pouvoir et de la cour y sont décrits de l’intérieur. Avec le talent de narratrice qui est le sien, Juliette Benzoni nous replonge à la fois dans une époque troublée et ô combien riche, et dans la vie de son attachant personnage principal.
Elle a su appâter le lecteur dans le premier tome, et la suite, si elle est un peu moins palpitante et chargée en rebondissements, satisfait néanmoins la curiosité.
On a par ailleurs la bonne surprise de croiser quelques personnages importants : un séduisant et intelligent jeune homme, Armand Jean du Plessis, futur Cardinal de Richelieu ; une reine Margot vieillissante mais coquette à l’extrême…
Et certains gentils du premier tome apparaissent ici sous un jour un peu moins flatteur, voire machiavélique, offrant des retournements de situation intéressants.
Si la verve du bon roi Henri manque un peu à ce dernier opus, elle est remplacée par la méchanceté de la Médicis, décidément toujours dans le collimateur de l’auteur, qui n’hésite pas à la traiter avec ironie et mépris.
C’est là le reproche majeur que l’on peut adresser à Juliette Benzoni : un manichéisme qui simplifie probablement de trop la réalité historique.
agathe de lastyns
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Juliette Benzoni, Le bal des poignards, tome 2 – Le Couteau de Ravaillac, Plon, octobre 2010, 425 p- 21,00 € |
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