Josselyne Chourry, Essai mystique et ludique sur la langue des oiseaux
A la lettre
Philosophant sur le langage des oiseaux selon diverses culture et des lettres (hébreu compris), et partant pour cela sur le plan matériel, Josseline Chourry implique « une problématique du feu », un conflit entre le feu et l’eau y compris la pathologie du manque.
Existe un déplacement et une envolée entre la matière et le signe, la lettre qui pousse à la terre de se taire dans une ouverture vers le haut que souligne ce livre d’urgence contre le fléau de la haine et du reniement.
En divers essais se succède tout un travail d’ouverture des âmes incarnées, métamorphosées par le langage de la poésie et des oiseaux. Josselyne Chourry y introduit tout un travail des langues et de leurs racines. Le langage sortant de sa toxicologie s’en dépare là où la « Lettre » devient objet de discernement en une suite de cadrages, de décadrages de savoirs et leur superpositions.
L’auteure renonce à tout langage de renonciation, de tourmente et aussi d’ornementation. Elle tranche dans le vif. D’où une suite d’opérations, d’ouvertures selon des analyses lexicographiques complexes où le sacré se mêle à la sensualité, le divin au charnel. Une nouvelle fois, une telle poète devient monteuse et compositrice d’un ordre plus juste et d’une autre beauté radicale hors des maquillages de beaucoup de mots de chaque tribun ou tribu.
jean-paul gavard-perret
Josselyne Chourry, Essai mystique et ludique sur la langue des oiseaux, Edition Diffusion traditionnelle, 2025, 130 p. – 14,50 €.