Jérôme Le Gris & Didier Poli, Les Âges Perdus – t.03 : « L’Infini Vagabond »

Jérôme Le Gris & Didier Poli, Les Âges Perdus – t.03 : « L’Infini Vagabond »

L’Apocalypse avait prédit qu’une pluie de feu et de mort s’abattrait sur la Terre en l’an mil. Une vague de météorites a engendré un manteau de poussière. Un sombre nuage a enveloppé la planète, la plongeant dans l’obscurité. Les civilisations n’ont pas survécu et des générations se sont éteintes avant que la lumière ne refasse son apparition. Une belle durée s’était écoulée et tout était à refaire car l’oubli avait fait son œuvre.
L’humanité, à petits pas, est entrée dans les Âges Perdus.

Elaìne, du clan Moor, a quitté Anglia, traversé la Mer des Aigles, pour retrouver le Vagabond et les restes de l’ancien savoir, celui qui a permis aux hommes de construire des cités et de se nourrir. Avec Bahar, un Boréen qui l’accompagne, elle a été faite prisonnière de Canagh qui commande les hommes-cerfs. C’est Mara, une Arpenteuse, qui va les délivrer aidé par Corvus qui commande aux freux, des corbeaux vindicatifs. Bahar est affaibli par sa blessure à l’œil et peine à suivre les deux femmes. C’est en voulant traverser la Cascade des Singes qu’elles le perdent. Mais un nouveau danger guette les héroïnes. Elaìne peut-elle enfin rejoindre ceux qui ont retrouvé ces savoirs ?

Avec ce récit post-apocalyptique, d’une tonalité particulière, Jérôme Le Gris propose une vision différente de récits similaires. Très souvent les héros de ces sagas sont en quête des moyens technologiques utilisés par les grands Anciens, pour retrouver toutes les capacités industrielles d’antan. Le scénariste, à l’instar d’un René Barjavel avec Ravage, veut orienter les recherches des héroïnes vers une société capable de cultiver, d’élever des animaux, de sortir, en fait, du nomadisme et de la cueillette. Il imagine un monde médiéval en quête des moyens de survivre dans les meilleures conditions possibles. Il met en scène nombre de mutations, de groupes humains et animaux ayant mutés ou s’étant orientés vers de nouveaux comportements. Les scènes d’action ne manquent pas.
Le scénariste n’omet pas de créer une entité de nature religieuse à laquelle il faut faire allégeance, ayant édicté des lois à suivre absolument. Ainsi, cet Aegis, né de l’imagination de quelques individus avides de pouvoirs, aurait conçu ce monde et il ne faut rien faire évoluer. Heureusement, quelques esprits forts transgressent ces lois pour des résultats très satisfaisants et sans engendrer le courroux du Tout-Puissant.

Le dessin se partage entre Didier Poli et Luca Bulgheroni. Leur travail est très complémentaire car les planches ne laissent rien transparaître des apports de l’un ou de l’autre. Les personnages sont facilement reconnaissables au cours de l’album et les scènes d’action sont fort bien rendues.
La couleur est assurée par Bruno Tatti qui use de teintes très adaptées à la fois au récit et à l’atmosphère qui règne.

Ce tome trois, sur les quatre prévus pour la série, apporte son lot de révélations à une héroïne attachante dans un décor plaisant à découvrir.

Jérôme Le Gris (scénario), Didier Poli, Luca Bulgheroni (dessin) & Bruno Tatti (couleur), Les Âges Perdus – t.03 : L’Infini Vagabond, Dargaud, mai 2025, 56 p. – 17,50 €.

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