Jean-Paul Gavard-Perret, Les corps churent
Toilettes intimes
Méfions-nous des titres des livres de Jean-Paul Gavard-Perret. Ici, a priori, nous postulerions à découvrir un état létal et sanguinaire. Mais, de fait, chaque bouche rit. Et pour l’auteur se disant disciple de Bataille et de Beckett, sa haire n’a pas de discipline (Présente dans le Tartuffe de Molière – notamment Acte III, scène 2, , la « haire » est une chemise en crin très irritante, portée en signe de contrition, pour se punir de ses péchés.). Il aime tirer sur la corde des ânes et les cornes des boucs. C’est sa littérature qui d’ailleurs m’amena à photographier (en sa distante compagnie) quand il maniait les mots en déluré – mais de manière particulière et convenue.
Dans son nouveau livre, ceux qui tombent amoureux des égéries les vouvoient souvent. Leur âge est parfois avancé. Néanmoins, dans de telles vocations, noblesse oblige. Les hommes les pratiquent autant par désir intellectuel que pour un simple plaisir érotique. Eprouvant ce dernier, de telles femmes chues s’échappent toujours – parfois lasses et parfois en casquette, comme Jeanne Moreau dans Jules et Jim.
Néanmoins et si nous le croyons, l’auteur aime les envisagées qui portent les premières marques de l’âge. Mais elles avancent vêtues légèrement de blanc comme les mariées et les cygnes. Sous le ciel d’un lit, elles tombent facilement. Mais aucun risque de gabegies ne rend de tels oiseaux blancs des animaux rouge sang. Au besoin, elles affinent un certain partage des probables séparations. Chaque fois, le désir et l’essence vitale introduisent la réconciliation et le respect. N’existent que des « inter-dits ».
sylvie aflalo-haberberg
Jean-Paul Gavard-Perret, Les corps churent, Editions Constellations, 2026, 108 p. – 12,00 €.