Jean-Jacques Nuel, Journal d’un mégalo

Jean-Jacques Nuel, Journal d’un mégalo

Le tout à l’égo de J-J Nuel

Qu’on se le dise – puisque l’auteur le rappelle -, laisser son livre en évidence sur la plage arrière de sa voiture donne l’air intelligent. Et celui que l’ego rend fou toujours, ne se remet en rien de ne pas avoir été l’auteur de son nom et son prénom. Son livre propose une dilatation de ses tissus que même la littérature érotique ne pourrait satisfaire. Le bel au moi jamais dormant en pince pour son miroir et il prévient : « ceux qui ne m’aiment pas sont priés de na pas en dégoûter les autres ».
Une telle icône égotique sait à quoi elle a échappé : son génie l’aurait entraîné à être dénoncé à la Gestapo.

D’autant que sa gestalt-théorie et son béhaviorisme l’obligent à s’auto-demander des autographes et de se prendre en selfie pour se portraiturer en onction suprême avec son idole, c’est-à-dire avec lui-même. Les parents de l’auteur ne peuvent donc que remercier leur Zorro de conduite dont les attachées de presse sont prêtes à se donner à tous les sergents Garcia pour vendre leur poulain. Trouve-t-il ça beau ? Il ne s’en soucie guère car Il n’a Dieu que pour lui.
Cet autre – jusqu’à lui Suprême – en tremble déjà. Et espère l’enfer pour une concurrence qu’il ne supporterait pas tant elle est déloyale. D’autant que le nouveau souverain pensif ne délègue pas à d’autres l’écriture des tables de son bon aloi.

jean-paul gavard-perret

Jean-Jacques Nuel, Journal d’un mégalo, Cactus Inébranlable éditions, 2018.

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