Jacques Sojcher, Eros errant

Jacques Sojcher, Eros errant

A l’article de l’amour baroque

Sous la forme de courts fragments d’amour et de mémoire, Eros Errant provoque la traversée autobiographique d’une vie le plus souvent marquée (existentiellement et philosophiquement ) par la présence de Thanatos. Ce qui ne va pas sans entretenir avec la femme des rapports complexes mais qui la peuvent ravir.
Comme par exemple la « femme au léopard » sortie, dit le poète, d’un tableau du Douanier Rousseau et dont il « désire son désir » en laissant son propre plaisir dans le vestibule de l’alcôve aux délices.
Celui qui resta longtemps dans « le rêve de ne pas parler » ose ici ironiser son angoisse, s’amuser de ses fantasmes et de ses pratiques pour botoxer la mort à coup non d’excipients chimiques mais du désir parsemé de scènes « archéologiques », loin de tout souci de décorum ou de symbolisme.

S’il existe des jours entre les mots, c’est afin que l’aimée soupire d’aise avant que la description du désir efface sa craie. L’âme se loge dans la boîte crânienne où les fantasmes vont bon train afin de racler au fil du temps de quoi sortir du soliloque et d’engager les mots dans un dialogue.
Soudain, d’un texte à l’autre, les replis du cortex s’enivrent non plus du mutisme mais de la fermentation de phrases forestières. Le sang circule et les mots d’amour déglutissent entre les lèvres pour en tirer l’occasion pourpre d’une roseraie.

jean-paul gavard-perret

Jacques Sojcher, Eros errant, dessins de Richard Kenigsman, Fata Morgana, Fontfroide le Haut, 2016, 64 p. – 13,00 €.

 

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