Jacques Cauda, Ah les fées !

Jacques Cauda, Ah les fées !

L’effet des fées mes rides

Les fées de Cauda n’ont rien d’éphémères. Que Bernard Dumerchez se rassure ! – même lorsque, face au codex de Cauda, il tomba presque à la  renverse jusque dans une rivière. Mais le poète et le peintre l’armèrent d’étrivières ou ceintures de sécurité. Jouant des intrusives de diverses couleurs, le peintre lorgne vers la peinture primitives même si ça et là  un peu de brocatelle est de mise.

Mais telle est féerique chacune qui annonce sa couleur non sans peur pour le voyeur éperdu. Il tente de déchiffrer l’alphabet hébreu en signes-pensées. Chaque lettre, dit Cauda, « appelle le pas encore mais doux si doux neigés ». Toutefois, ces fées poupées en fragments, quoique gorgées « de poison vital », prouvent qu’à travers elles c’est la mort que l’on se donne – ou qui nous est donnée.

Certes, dans leur palais intime et humide bien des choses peuvent se passer. Mais nous sommes attrapés par la queue en devenant dupe de ou des indues. C’est donc sacrifier de leurs tentations et quasi tentacules. Si bien qu’entre les Elle et leurs Autres, et même si pour chacun(e) l’esprit est à la lettre, cette dernière s’efface par des masques ou corps totémiques (quoique féminins) où  la morale n’est pas forcément de mise.

Mais nous pouvons sur ce plan accorder confiance à Cauda. Il peut croire en Dieu mais au diable tout autant. Bref, son paradis est un enfer (de voluptés – ou presque). Les corps sont – via Cauda, si l’on  en croit la créance de Pascal –  pensants. Mais si mal chez cet héritier garnement !

jean-paul gavard-perret

Jacques Cauda, Ah les fées !, Editions Dumerchez, coll. Rara Libris – Petits papiers revisités,  livre d’art sous coffret,  2024, 24 p.

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