Hervé Martin, Origines du poème

Hervé Martin, Origines du poème

Percer le silence et l’oubli

Hervé Martin poursuit sa quête des commencements. Et ce, non sans gravité notamment – entre autres « Pour libérer le corps / des stigmates des yeux / posés sur l’enfant / au plus seul du lit ».
Cela ne va pas sans heurts et le poème se révèle un « puzzle ». Il s’agit de retrouver une essence, une énergie même si à mesure que le temps passe elle se perd.

Mais il s’agit toujours de marcher vers « l’horizon des jours » même au coeur de la nuit. Cela revient à effacer nos spectres, faire ressurgir ce « rien / que tu possèdes en entier » et qui fait ce que nous sommes.
Histoire de ne pas sombrer en épave quitte – et par les mots – à inventer des châteaux en Espagne.

L’origine du poème devient un parcours de vie dont il est aussi sa genèse reprise et d’une certaine manière corrigée.
Bref, il convient sans cesse d’ouvrir une porte quel qu’en soit le risque – un peu comme chez Kafka.

A force, la succession des années pèse mais néanmoins des images reviennent : elles servent, sinon de totem, du moins de moyen de trouver des repères là où les mots tentent de percer le silence et l’oubli.
Tout cela remue mais c’est ainsi qu’une dernière porte s’ouvre contre le néant et pour « vivre le monde ».

Encore.

jean-paul gavard-perret

Hervé Martin, Origines du poème, Editions Au Salvart, Vieille-Eglise-en-Yvelines, 2022, 68 p. – 12,00 €.

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