Henri Meschonnic, Infiniment à venir

Henri Meschonnic, Infiniment à venir

De l’idéalité

Henri Meschonnic fut, en dépit de ses tentatives pour en sortir, plus un poète de l’esprit que du corps Il est certes concerné par le second mais il semble en être consterné. Ce corps reste un fantôme modèle white spirit. Ce qui ne veut pas dire que dans les écrivains contemporains l’auteur fut un poète comptant pour rien. Mais la spiritualité seule tient lieu de corps.
Elle est le seul champ où selon lui ne se cultive pas l’oubli. Et pour reprendre un de ses textes, chacun d’eux se transforme en « poème de la pensée ». Il doit se l’annexer. En oubliant que philosopher la poésie revient non à y « descendre » comme une danseuse descend un escalier de lumière mais à l’exécuter en règle en la vidant de ces viscères. Elle est alors un objet naturalisé.

Seule chez lui la vie métaphysique est digne du champ poétique. La transcendance est son fait. Le corps, poétiquement parlant, reste donc muet comme les pierres qui « ne se réveillent pas / et tant et tant /sont fondus / dans les pierres ».
Meschonnic demeure donc un penseur poète. Il a beau revendiquer « le continu corps-langage », le cogito nourrit l’écriture. Mais la dialectique s’arrête là : tout est de l’ordre d’une abstraction de fond et de forme. D’où sans doute la clarté d’une écriture qui, limitée à la quintessence, peut avancer de manière sobre.

jean-paul gavard-perret

Henri Meschonnic,  Infiniment à venir,  Arfuyen, 2017, 88 p. – 11,00 €.

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