Harlan Coben, Disparu à jamais
A la recherche de son frère disparu, Will se retrouve impliqué dans une affaire trouble
La famille Klein semble poursuivie par le chagrin et la malheur. Onze ans auparavant, Ken, le fils aîné, a disparu, après avoir été accusé du meurtre de sa voisine, Julie Miller. On le suppose mort. Aujourd’hui, Sunny, la mère du disparu, est emportée par un cancer. Ses dernières paroles, « Ken serait vivant », sont recueillies par Will, le cadet de la famille. Will n’a alors plus qu’une idée : retrouver ce frère tant aimé, le héros de son enfance, et prouver son innocence. Alors qu’il débute ses recherches, un autre choc l’attend : Sheila, sa petite amie, disparaît à son tour le lendemain de l’enterrement, en laissant pour seul message : « Je t’aimerai toujours. » Will est plus résolu que jamais à retrouver à la fois Ken et Sheila. Aidé par son ami Carrex, professeur de yoga réputé au passé trouble de délinquant, Will ne sait pas encore que toute sa vie va être bouleversée par ses découvertes, et le danger qu’il court à poursuivre la vérité est bien réel, d’autant plus que Will n’est pas seul à être sur les traces de Ken !
Aucun doute : Harlan Coben est en passe de devenir un des grands maîtres du thriller. Alors que son troisième roman Une chance de trop vient de paraître, Disparu à jamais sort aujourd’hui en édition de poche. Harlan Coben maîtrise avec une rare dextérité toutes les ficelles du roman à suspense : intrigue à multiples rebondissements, secrets bien enfouis, dialogues percutants, rythme de l’écriture haletant, style soigné et plein d’humour… Autant de composantes qui, alliées à une touchante histoire d’amour, font de Disparu à jamais un grand cru des thrillers psychologiques.
On s’attache très vite au héros, Will, obsédé par l’espoir de retrouver Ken, ce frère aîné qui fut le héros de ses jeunes années, quitte à voir son admiration pour lui en prendre un coup. Carrex, son ami, est un personnage dont le passé est lui aussi riche en ombres. Et au fil des pages, plus personne ne rentrera dans le profil simpliste idéalisé du héros et du méchant, tel que Will l’imagine. C’est d’ailleurs ce qu’un des personnages lui fait remarquer avec justesse :[…] Tu voudrais bien classer les gens dans des cases. Les méchants d’un côté, les gentils de l’autre. Mais ça ne marche pas… Et c’est bien la complexité de ces personnalités qui fait la réussite de ce roman où, comme dans la vie, rien n’est tout blanc ou tout noir ; il y a beaucoup de gris, un gris qu’Harlan Coben va nuancer à l’infini pour mieux brouiller les pistes et donner à Will, comme au lecteur, une autre vision des choses.
f. boussard
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Harlan Coben, Disparu à jamais (traduit par Roxane Azimi), Pocket « thirller », 2004, 467 p. – 7,00 €. Première édition : Belfond, 2002, 423 p. – 20,00 €. |
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