Giorgio Agamben, L’Esprit et la Lettre, Sur l’interprétation des Écritures

Giorgio Agamben, L’Esprit et la Lettre, Sur l’interprétation des Écritures

Pour Agamben, celui qui fixe le regard sur son temps pour en percevoir, non les lumières, mais l’obscurité reçoit en plein visage le faisceau de ténèbres qui provient de son temps. C’est la lumière de sa nuit scellée par les Ecrits divins dont l’auteur évoque l’incontournable obscurité. Et ce, avec Matthieu, Walter Benjamin, Erich Auerbach, Spinoza et surtout Dante et sa Béatrice, incarnation de la Révélation. Car elle a lieu dans l’écart et le contact entre le vécu et le non-vécu, le dicible et l’indicible, le visible et l’invisible.

De même qu’Origène qui distingue dans la Bible trois sens différents (littéral, moral spirituel) et délaisse la lettre pour dépasser le contenu psychique, humain, et s’élancer vers le contenu spirituel et divin, dans ce livre, Béatrice reste la distinction entre sens littéral et sens spirituel. Mais dont le but reste la clé. A savoir, apprendre enfin à exister. Car, avant elle, de l’esprit il n’y eut pas d’histoire jusqu’au moment où – et grâce à elle – la lettre est comprise hors du temps mais dans tous les moments. Elle devient ainsi la lettre nue. Dès lors, l’histoire reste toujours son histoire.

Giorgio Agamben, L’Esprit et la Lettre, Sur l’interprétation des Écritures, traduit de l’italien par Léo Texier, Bibliothèque Rivages, 2025, 120 p. – 15,00 €.

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