Gil Pottier, Le corps et le drapé ou le moment de la métamorphose (exposition)

Gil Pottier, Le corps et le drapé ou le moment de la métamorphose (exposition)

Gil Pottier : d’entre les genres

Le secret du genre semble soluble dans la peinture du Gil Pottier, il avance vers l’indéterminé ou l’illimité. Il inscrit un impossible pour lui demander davantage. Le corps n’est plus scellé dans un genre : celui-ci devient une signe presque abstrait dans des processus perpétuels d’écarts habilement repris par Pottier. Le corps devient loup ou louve blanche, il ne divise plus le monde et crée des âmes dans la profondeur de l’air. C’est un miroir qui résiste à tout embrigadement. Le corps a beau se cacher parfois dans une houppelande : elle-même se fait énigme et fissure énigmatiquement les certitudes trop facilement acquises de la contemplation fétichiste.
La morale, la recherche, la quête, l’exercice de l’artiste créent la sélection d’un certain mode de regard sur le monde : la mécanique des fluides du corps ouvre une béance. A la loi des genres fait place la confidence d’opérations les plus secrètes. Existe une concentration mais aussi ouverture du champ. Avec en plus un effet de réflexion sur le poids de la mélancolie d’un Age d’or ou androgyne.

Gil Pottier occupe donc une place à part. Son art s’impose par sa vérité expressive et sa douceur lyrique, sa nécessaire froideur qui évide toute condescendance. Les couleurs irisées et froides retiennent pourtant un parfum d’érotisme. L’image devient concrétion, concaténation selon un parfait lissé comme si le dehors à la fois s’incrustait dans la chair et rebondissait sur sa peau en de longues vibrations de lumière. Comme si – aussi – le dedans laissait monter la trace et l’ajour d’une existence prisonnière par l’éclat diffracté de son immense évasion.

Lire notre entretien avec l’artiste

jean-paul gavard-perret

Gil Pottier, Le corps et le drapé ou le moment de la métamorphose, Musée Utrillo-Valadon, Sannois (95110), du 12 avril au 12 juillet.

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