Giacomo da Lentini, Sonnets

Giacomo da Lentini, Sonnets

« Lo giglio » sont les deux premiers mots d’un ensemble de quatorze vers – à savoir le premier sonnet jamais écrit. Giacomo da Lentini (1210-1260), poète et notaire, initia cette forme devenue un genre qui devint un acmé. Dante le situe dans La Divine Comédie, proche de ses contemporains qui élaborèrent le « Dolce stil novo ». Au XXIVème chant du Purgatoire, Dante lui-même l’introduit parmi le « nœud » et donc au « doux style nouveau que tu devises « .

Ce poète a donc personnifié l’évolution de l’amour courtois. Les « Rimes » de Dante firent du Sicilien le pionnier de la poésie lyrique amoureuse – souvent par des jeux de questions et réponses de poètes qui se stimulaient en se lançant des défis poétiques. Il marqua une étape nouvelle qui dépassa celle des troubadours dont la parole orale fut remplacée par les poèmes promis à une lecture silencieuse.

Les vingt-deux sonnets de Giacomo da Lentini se caractérisent par une « furor » née du regard, foudre immédiate reçue par le cœur : « Comment put franchir aussi grande Dame / Le seuil de mes yeux, portant si étroit ? / Comment en mon coeur trouve résidence ? / Celle qui m’emporte où que portent mes pas ? », écrit l’auteur. Il décrit la femme comme « source de merveille » dont « Sa lumière sans faire de brisure / partie des yeux, parvient jusqu’au cœur ». Il n’a cessé de l’évoquer en ce qui devint un code non seulement italien mais européen.

Giacomo da Lentini, Sonnets, version bilingue, préface de Pierre Laurens, postface de Roberto Antonelli, Éditions Éliott, 2025, 76 p. – 10,00 €.

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