Géraldine Lay, North End

Géraldine Lay, North End

Chaque photographie mérite un regard de patience

L’essentiel de l’approche de Géraldine Lay tient d’abord à la rencontre d’êtres auxquels l’artiste donne par sa re-présentation une valeur universelle et non réductrice à une histoire et une géographie. Pour autant, le lieu possède son importance. Ici c’est le Nord-Ouest de l’Europe, les Iles Britanniques : l’artiste y recherche comme toujours un rapport très immédiat et affectif à la société. Mais chaque photographie dépasse l’espace et la problématique du lieu selon une forme de froideur d’apparence qui cache une tendresse particulière.

Une magie opère là où le réel est mis comme en suspens. Entre les prises intérieures et extérieures, le public et l’intime l’artiste ne fait que suggérer d’éventuelles « failles ordinaires » dont on ne saura rien. Le mouvement du monde est retenu avec simplicité : tout reste de l’ordre de la fragilité là où l’artiste crée une sorte de vérité d’appartenance, d’incorporation bien au-delà des effets de décors. L’explicite n’est donc pas forcément ce que l’on voit d’abord. Chaque photographie mérite un regard de patience. C’est ce qui fait son mystère et sa fascination.

jean-paul gavard-perret

Géraldine Lay, North End, Galerie Le Réverbère, Lyon, du 28 janvier au 30 avril 2016.

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