Georges-Jean Arnaud (texte) / Stéphanie Léonard (photos), Les Secrets de l’allée Courbet
Premiers pas de Noir urbain hors de la Capitale. Direction Toulon et sa rade en compagnie de G-J. Arnaud. Une journaliste enquête sur son passé.
Toulon et sa rade, la plus belle du monde. Toulon et sa politique. Ici, c’est le Sud. Tout y est empreint d’excès, de tragédie. La femme de l’ancien ministre, Sémillon, homme politique de la région, vient de mourir. Julia, journaliste, est chargée de couvrir l’événement.
Julia a de petites marques à la commissure des lèvres qui rappellent un ancien bec-de-lièvre. Or, il y a 21 ans, le couple Sémillon avait adopté une petite fille qui avait le même défaut, d’après les recherches de Julia. Cette petite fille, sitôt arrivée, avait été kidnappée et jamais retrouvée malgré la paiement de la rançon. Mais à chaque chose malheur est bon. La carrière politique de Sémillon avait été relancée par ce coup du sort, le public ayant été fortement ébranlé par ce malheur.
Julia a été adoptée. Son père adoptif, ancien afficheur des campagnes politiques du sieur Sémillon, a fui, laissant Félicia Serventi, la mère, seule avec l’enfant. Du moins est-ce la version officielle. Félicia est sur son lit de mort. L’heure des confidences a sonné. Elle suit les investigations de Julia, enquêtrice d’autant plus passionnée qu’elle est au cœur de cette abracadabrante enquête issue d’un conte de fée qui aurait mal tourné.
Le dénouement de ce drame vieux de vingt et un ans est proche et, comme toujours chez Georges-Jean Arnaud, pire que ce à quoi on pouvait s’attendre. À travers un style incisif, sec et rapide, on suit les pérégrinations de Julia, ses rencontres avec d’anciens acteurs de cette tragédie. Enfin… avec les survivants. Un corps est là, en totale putréfaction, et il ne peut être enterré.
Les Secrets de l’allée Courbet est une des incursions de « Noir urbain » hors Paris. Toulon se découvre allègrement. Un petit regret : on a du mal à vraiment comprendre l’intérêt des photos. Si les textes sont bien à leur place, Stéphanie Léonard semble avoir du mal à être en symbiose avec les auteurs – car ce reproche vaut pour d’autres volumes de la collection. Espérons qu’elle trouve vite ses marques. Il y a déjà six titres au catalogue…
julien védrenne
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Georges-Jean Arnaud (texte) / Stéphanie Léonard (photos), Les Secrets de l’allée Courbet, Autrement coll. « Noir Urbain », 2004, 92 p. – 5,00 €. |
