Frédéric Verger, Les rêveuses – Rentrée 2017

Frédéric Verger, Les rêveuses – Rentrée 2017

Survivance

C’est lorsque la tentative romanesque joue de l’impasse qu’elle devient intéressante. Frédéric Verger le prouve en faisant butter son personnage sur une imposture : le jeune Allemand de dix-sept ans Siderman engagé dans l’armée française prend l’identité d’un mort pour échapper aux représailles qu’entraîne cet acte d’antinazisme.
Prisonnier  suite à la débâcle française, il va être néanmoins  libéré et reconduit  dans sa « famille ». Et c’est là où tout se complique mais surtout devient fantasque. Loin du simple élément psychologique, le roman s’en libère là où la langue crée de nouveaux contacts avec la réalité par d’insolites déviations dont les manifestations sont loin d’être destructrices ou négatives tant  Les rêveuses  permettent d’éponger certaines inconséquences

Verger met à jour une sorte d’intimité tâtonnante qui forme l’espace du roman. Jamais délivré totalement de ses masques, le personnage se ressaisit toujours là où son « erreur » l’a conduit. L’effet de discordance crée des scènes certes incapables de former un grand monde complet mais demeurent des instants de grâce.

jean-paul gavard-perret

Frédéric Verger, Les rêveuses, Gallimard, collection Blanche, 2017, 448 p.

 

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