François Cheng, La vraie gloire est ici

François Cheng, La vraie gloire est ici

Ici et maintenant

Le réel a besoin d’être soutenu dans le temps par la conscience poétique : abandonné, il sombrerait. François Cheng le sait. Sa poésie est mouvement dans la réalité. Elle la soutient car elle est souvent en train de sombrer. Paradoxalement et en pesant sur elle, la poésie de Cheng la ramène à la lumière. Sans doute parce que le poète reste dans le présent soutenu par ce qui dans le réel demeure impérissable.

Les éléments qu’il en retient désenfouissent l’être. Il ne se perd plus dans les entrailles d’une psyché métaphysique qui le prive de sa dimension temporelle. Battent ici les pulsations du monde dans un vécu sans autre finalité que celle d’atteindre le terme. Il ne faut pas s’en offusquer : c’est la plus belle leçon de vie que François Cheng rappelle.
La terre reste le centre de l’humain. C’est pourquoi le poète réapprend à ne pas l’éteindre ou la réduire. Il est le seul bien, même si chaque être dans sa continuité ne l’habite pas forcément comme il faudrait. Le sujet s’y cache, l’oublie trop, épaté par son propre miroir.

jean-paul gavard-perret

François Cheng, La vraie gloire est ici,Editions Gallimard,  poésie/Gallimard, 2017.

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