Fifi Brindacier : l’intégrale
La rouquine la plus forte du monde est de retour. Tout le contraire d’une petite fille modèle !
À la limite de la toute petite ville, il y avait un vieux jardin envahi par les mauvaises herbes. Une vieille maison se trouvait dans ce jardin et c’est dans cette maison que vivait Fifi Brindacier. Elle avait neuf ans et elle y vivait toute seule, sans papa ni maman. C’était plutôt chouette car il n’y avait personne pour lui dire d’aller se coucher au moment où elle s’amusait le plus, personne pour l’obliger à avaler une cuillerée d’huile de foie de morue quand elle avait surtout envie de manger des bonbons.En novembre 2007, l’écrivaine suédoise Astrid Lindgren aurait eu 100 ans. À cette occasion Hachette jeunesse réédite les trois titres de la série des Fifi au Livre de Poche Jeunesse (Fifi Brindacier, Fifi Princesse, Fifi à Couricoura parus entre 1951 et 2000) ainsi qu’un gros volume de 480 pages constituant l’intégrale.
C’est pour sa fille qu’Astrid Lindgren créa le personnage de Pippi Langstrump, une petite fille de 9 ans au caractère bien trempé, évoluant dans un univers fantaisiste, refusant l’autorité et les règles si elles ne sont pas justifiées. Elle vit seule dans la villa Drôlederepos avec son cheval et un petit singe ; son père est un pirate tellement obèse qu’il ne peut pas se noyer. Elle est financièrement indépendante car en possession d’un sac de pièces d’or. Elle a déjà fait le tour du monde et sait se servir d’un revolver. Enfin, elle a une force colossale et peut battre Arthur le costaud.
Le personnage de Fifi est représentatif des nouvelles idées concernant l’éducation des enfants, qui commencent à être considérés comme des êtres pensants capables d’éprouver des sentiments et de les communiquer. À la sortie du premier roman Fifi Brindacier en 1945, les lecteurs sont conquis, mais parents et enseignants font la moue car Fifi est insolente voire immorale, refuse d’apprendre à compter et répond à la maîtresse. Toutefois le succès est au rendez-vous et en 1951, la rouquine aux tresses rebelles et bas dépareillés débarque en France. Contemporaine de la non moins célèbre Martine des albums de Gilbert Delahaye, elle est aussi son antithèse. Impertinente et audacieuse, elle n’hésite pas à semer le désordre face à une injustice ou quand il s’agit de sauver des enfants de la tyrannie des adultes. Le contraire d’une petite fille modèle… Mais la magie du livre réside dans le fait que les jeunes lecteurs savent très bien faire la part des choses et la jeune rebelle se révèle une héroïne positive et particulièrement tonique.
Fifi est devenue un classique de la littérature jeunesse dans le monde et ses aventures n’ont pas pris une ride pas plus que les illustrations d’Ingrid Vang Nyman.
patricia chatel
Astrid Lindgren, Fifi Brindacier : l’intégrale (traduit du suédois par Alain Gnaedig. Illustrations d’Ingrid Vang Nyman), Hachette Jeunesse, septembre 2007,- 480 p. – 14,50 €.
Pour tous les fans à partir de 9 ans.