Étienne Malapert, The City of Possibilities
Quand le sable remplace la poussière
Ce livre d’Etienne Malapert est le fruit du Projet lauréat d’un » Swiss Design Awards 2016″ : Masdar City située à 25 kilomètres au sud d’Abu Dhabi. Cette nouvelle ville pourrait se nommer « Mad City » tant l’absurde se cache sous couvert d’utopie scientifique.
C’est en effet en 2006 que les Émirats arabes unis décident d’entreprendre le projet quelque peu farfelu de faire pousser une ville entière en plein désert. Masdar City devrait atteindre le 0% d’émission de CO2.
Ce projet pharaonique a été conçu par le bureau d’architecture londonien « Foster + Partners » au moment où les préoccupations écologiques liées à la consommation d’énergie et la pollution sont grandissantes.
La ville est destinée à être dans une quinzaine d’années la première ville écologique entièrement autonome au monde, peuplée par 50 000 habitants et 1500 entreprises
Pour l’heure, seulement quelques bâtiments sont sortis du sable dont une université scientifique, des laboratoires de recherche et les sièges de grandes multinationales tel que celui de Siemens.
The City of Possibilities propose une série de photographies du lieu.
Elles permettent d’aspirer les vertiges plastiques. Ils sont peut-être autant de dérives que de dérapages. Tout se découvre dans le désert afin d’entrer en résonance avec l’inconnu qui ouvre une sorte de mystère à venir.
Le langage plastique le scelle. Il donne à voir les constructions entre lumière noire et ombres blanches dans des amoncellements de lignes et de courbes. Existe pour l’heure un calme parfait en apparence.
Les photographies de Malapert offrent des effets étranges et un appel en des seuils à franchir.
S’inscrivent ouverture, tentation, présence, attente là où se renverse la problématique habituelle de la ville qui voudrait sortir de son habituelle rigidité et où le sable remplace la poussière.
jean-paul gavard-perret
Étienne Malapert, The City of Possibilities, art&fiction, Lausanne, septembre 2021, 112 p.