Eric Sautou, La Véranda

Eric Sautou, La Véranda

De peu

La Véranda est le livre de la mère. L’ensemble devient une dentelle de motifs en répétitions afin d’évoquer le souffle ténu d’une vie par des rappels d’éléments simples et premiers. L’auteur se met comme en congé de lui-même afin que tout ne soit pas mort. La disparue, si elle retrouvait de tels mots, découvrirait le jour au milieu de la nuit en ces éléments impromptus où elle fut heureuse.
D’où l’impression d’un doux vertige abyssal dans ce livre où il s’agit de se souvenir, de se parler, yeux ouverts, yeux fermés. Il faut donc revenir aux lieux habités par la mère, là où une fois de plus tombe « toute pluie,/ là sur l’appui / de la fenêtre ».

L’émotion est retenue dans la reprise des vieux jours de rêve là où le fils et la mère partageaient un quotidien aussi austère que simple. Cela déchire encore même si, à force, les voix s’effilochent et celles des visages aussi. C’est pourquoi l’auteur se souvient, assis dans la véranda, là où une des chaises restera vide.
Pour permettre de le faire ressentir, les mots obligent à ne pas mentir et imposent l’obligation de dire une vérité secrète, confidentielle. Elle ne se perd jamais dans l’évasif et vaut en tant que découverte. Si bien que celui qui se sent devenir si peu reste néanmoins déterminé en parlant à partie égale avec celle qui offrait la vie dans la grande nuit du monde.

jean-paul gavard-perret

Eric Sautou, La Véranda, Editions Unes, Nice, 2018, 40 p. – 14,00 €.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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