Entretien avec Khadija Al-Salami (Pleure, ô reine de Saba !)
Khadija Al-Salami est écrivain et réalisatrice. Auteur de Pleure, ô reine de Saba !, elle répond à Arthur Nourel
Khadija Al-Salami vient de publier, chez Actes Sud, Pleure, ô reine de Saba !
Un récit qui a beaucoup touché notre rédacteur Arthur Nourel et qui l’a amené à contacter Khadija. Voici les quatre questions qu’il lui a posées et qui, en complément de la lecture de son livre, permettent d’approcher un pays que peu d’entre nous connaissent, le Yémen.
Un récit qui a beaucoup touché notre rédacteur Arthur Nourel et qui l’a amené à contacter Khadija. Voici les quatre questions qu’il lui a posées et qui, en complément de la lecture de son livre, permettent d’approcher un pays que peu d’entre nous connaissent, le Yémen.
Comment décririez-vous le Yémen aujourd’hui ? Khadija Al Salami :
On peut dire que le Yémen a réussi son unification. Celle-ci est désormais solide. La démocratie est en marche. En 1993, 1997 et 2003, mon pays a connu des élections législatives. Les conflits frontaliers avec, notamment, le grand voisin saoudien, mais aussi avec Oman et l’Erythrée sont aujourd’hui réglés. Cela permet au Yémen d’améliorer ses relations avec l’ensemble de ses voisins. La liberté de la presse dans mon pays est garantie. Le Yémen est un des pays les plus pauvres de la planète. À cela s’ajoute une situation économique fragile et une démographie en forte expansion. Cette fragilité économique peut déstabiliser le pays et favoriser la montée des intégrismes. 65% des femmes et 45% des hommes sont analphabètes. J’ai peur de la montée des intégrismes. Nous avons un besoin réel d’un plan de développement économique et social pour échapper à ces menaces.
Éclairez-nous sur le rôle des femmes dans votre pays…
Il y a 40 ans les écoles pour les filles n’existaient pas. Après la révolution l’État a ouvert des écoles pour les filles. À l’époque ce n’était pas facile de convaincre certaines familles de laisser leurs filles aller à l’école. À côté des problèmes matériels, il fallait faire évoluer les mentalités. Quarante ans plus tard, nous avons fait des progrès. À présent, les femmes travaillent dans tous les domaines. Elles occupent des postes de décision bien que leur nombre soit trop faible : une seule ambassadrice, deux femmes ministres et une femme élue à l’assemblée nationale. C’est un début mais nous nous attendons à beaucoup plus de participation féminine dans un proche avenir si les femmes continuent de se battre pour leurs droits et exigent qu’ils soient appliqués. C’est à elles seules de tracer leur chemin vers l’avenir. La pression sociale et les contraintes diverses tendent à écarter les femmes du domaine public. Certains hommes politiques réclament des droits pour les femmes. Mais ce discours est opportuniste et n’est entendu qu’au moment où le vote des femmes est recherché pour les élections. À part ce moment, dés que des femmes manifestent une volonté de rôle public, alors ces mêmes politiciens tentent de leur barrer la route en invoquant la tradition et une société qui ne serait pas encore prête, selon eux, à ce que des femmes jouent un rôle majeur.
Il y a 40 ans les écoles pour les filles n’existaient pas. Après la révolution l’État a ouvert des écoles pour les filles. À l’époque ce n’était pas facile de convaincre certaines familles de laisser leurs filles aller à l’école. À côté des problèmes matériels, il fallait faire évoluer les mentalités. Quarante ans plus tard, nous avons fait des progrès. À présent, les femmes travaillent dans tous les domaines. Elles occupent des postes de décision bien que leur nombre soit trop faible : une seule ambassadrice, deux femmes ministres et une femme élue à l’assemblée nationale. C’est un début mais nous nous attendons à beaucoup plus de participation féminine dans un proche avenir si les femmes continuent de se battre pour leurs droits et exigent qu’ils soient appliqués. C’est à elles seules de tracer leur chemin vers l’avenir. La pression sociale et les contraintes diverses tendent à écarter les femmes du domaine public. Certains hommes politiques réclament des droits pour les femmes. Mais ce discours est opportuniste et n’est entendu qu’au moment où le vote des femmes est recherché pour les élections. À part ce moment, dés que des femmes manifestent une volonté de rôle public, alors ces mêmes politiciens tentent de leur barrer la route en invoquant la tradition et une société qui ne serait pas encore prête, selon eux, à ce que des femmes jouent un rôle majeur.
Êtes-vous considérée par les responsables politiques yéménites comme une menace ?
Je ne suis pas considérée par les responsables politiques yéménites comme une menace mais certains intégristes et certains ignorants, ceux qui refusent l’évolution et le progrès, ceux qui rejettent les avis différents et passent leur temps à détruire au lieu de construire, me considèrent comme une menace. Malheureusement ils sont les plus dangereux pour l’humanité.
Comment envisagez-vous la suite de votre carrière ?
Continuer à faire des films et à écrire…
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Propos recueillis par isabelle roche par courriel puis complétés le 24 avril 2006 par téléphone. |
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