Entre énergie humaine et chaos urbain : entretien avec l’artiste Catherine Merdy

Entre énergie humaine et chaos urbain : entretien avec l’artiste Catherine Merdy

Catherine Merdy déclenche son appareil « de manière instinctive et physique, sans forcément viser, comme on joue du hasard, comme une paupière qui cligne, pour capter et garder les mouvements spontanés et les couleurs changeantes de la vie ». Par de telles prises du monde urbain parsemé de signes et consignes, les êtres se perdent et l’artiste mesure leurs dérives. Souvent dans ses diptyques, deux images inaliénables créent des rapports inédits, une mise en abyme propre à la réflexion.
A Paris, Bruxelles, New-York, Beyrouth la photographe dans ses pérégrinations nocturnes devient aventurière. La vie surgit à l’état brut dans le réel semblable à un territoire inconnu. A partir du « cœur immonde » (Baudelaire) de la ville, il s’agit d’atteindre un merveilleux. Pour le prouver, à la perfection technique Catherine Merdy préfère ses « toyscamera » (Lomo LCA, Lubitel, Sténopé). Ils laissent le jeu libre à la liberté et au patchwork hors souci de mise en scène ou de « documentarité » afin d’offrir une poésie du quotidien.

Entretien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Ma curiosité de découvrir plein de choses.

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?

Ils sont toujours là.

A quoi avez-vous renoncé ?

A rien. Tout est encore possible.

D’où venez-vous ?
Du ventre de ma mère

Qu’avez-vous reçu en dot ?
Je ne suis pas mariée.

Un petit plaisir – quotidien ou non ?

Oui.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?

Ce qui me distingue de tous les autres humains : mon ADN.

Quelle est la première image qui vous interpella ?

De la toute première, je ne pense pas que je m’en souvienne. Elle ressurgira certainement un jour parmi mes planches-contacts.

Et votre première lecture ?

« PIF Gadget ».

Pourquoi votre attirances vers l’urbain ?

Le paysage de campagne a toujours eu tendance à m’angoisser terriblement. J’aime l’énergie urbaine et le chaos urbain.

Quelles musiques écoutez-vous ?

En musique, je suis très éclectique. Je peux écouter du disco comme de la musique classique mais je n’aime pas le reggae, le Metal et le RAP.

Quel est le livre que vous aimez relire ?

Je ne relis que très rarement les romans. Plus souvent les essais.

Quel film vous fait pleurer ?

A chaque fois : « ET l’extraterrestre ». Je sais, c’est niais.

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ?
 C
Ca dépend des jours.

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
Je n’ose pas écrire.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe (il doit y en avoir beaucoup…)?
Toutes celles que je n’ai pas encore parcourues.

Quels sont les artistes et écrivains dont vous vous sentez le plus proche ?
Diane Arbus, Sophie Calle, John Fante, Wes Anderson, Max Pam, Martin Parr sont les quelques uns qui me viennent à l’esprit mais il y en a beaucoup.

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?

Un baiser.

Que défendez-vous ?

La tolérance, la justice et la liberté.

Que vous inspire la phrase de Lacan : « L’Amour c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas »?

C’est tordu.

Que pensez-vous de celle de W. Allen : « La réponse est oui mais quelle était la question ? »
Cela me fait rire.

Quelle question ai-je oublié de vous poser ?
Ben, c’est vous qui voyez.

Présentation et entretien réalisés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 9 novembre 2015.

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