Emilie Panisset & Pierre Barachant, De tes amours

Emilie Panisset & Pierre Barachant, De tes amours

Soliloque et dialogue

Pour ce roman forcément d’amour fou par longs messages en lignes, jaillissent en exergue deux citations donnant le ton à ce roman à quatre mains : « C’est un long apprentissage parfois que de savoir rejoindre la vie », écrit Oliver Adam. « L’amour l’amour Ce mot traîne sur bien des lèvres mais qui est assez grand pour vivre ce qu’il désigne », précise Charles Juliet.En première partie, les deux amants sont invités au Cirque des Amours. Monsieur Ténèbres (Pierre) est un mystère. Mais Emilie aussi. Se mettent en place peurs, attentes envie de découverte. Mais dans ce dialogue les amants se trompent d’adresse. L’eau est à la bouche, le rire remplace le cri.

Toutefois, la merveille qui pense l’éternité file en quenouille tant elle est l’objet d’un phantasme pour ceux qui ont choisi de s’écrire. C’est une façon d’ailleurs de botter en touche tant des incidentes brouillent même si la légèreté, l’inconstance peuvent devenir la règle. Mais c’est oublier le vertige voire la claire-voyance des erreurs de jugements et des souffrances.
Chacun en partageant ses émotion fait le point et rappelle peut-être que deux incapables d’aimer une personne réelle, un amour réel avec ses caresses, sa langue, son sexe, ses mains, sont en conséquence presque douteux.

Mais l’écran de l’ordinateur a tant de chose à jouer. Il ne décapite pas mais donne à l’amour moins une vie qu’une procuration. Il ignore ce que cela représente vraiment. Cette réunion de soi à soi-même n’existe pas sans la réalité humaine et ses transports amoureux composés de fragments, de morceaux épars qui s’effaceront dans les mémoires de l’ordinateur.
Dans la deuxième partie (« Retour de flammes »), chacun propose une pression sur le cœur des ténèbres mais les doigts ne dansent que devant l’écran.

Chacun à sa manière devient dilettante du désir voire minable escogriffe, sans inspiration. Le tout non sans un côté masochiste. A savoir, appuyer fort sur la plaie pour avoir encore mal ou trouver une voie de guérison. Aux lecteurs de savoir si un sauvetage est en cours par besoin d’amour et/ou de reconnaissance.

jean-paul gavard-perret

Emilie Panisset & Pierre Barachant, De tes amours, roman, éditions Douro, Chaumont, 2024, 198 p. – 20,00 €.

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