Elle est passée par ici, elle repassera par là : entretien avec la photographe Maryse Magnin

Elle est passée par ici, elle repassera par là : entretien avec la photographe Maryse Magnin

Pour Maryse Magnin, la photographie ne se veut pas un simple témoignage mais la mise en scène d’une énigme au sein d’oasis (et les déserts – jamais d’ennui – qui les entourent) de sérénité en bordure du monde. L’artiste en retire les éléments parasites. Pour offrir une nouvelle Genèse.
L’artiste préfère la simplicité à la sophistication. D’où l’apparition d’un merveilleux particulier. Le regardeur éprouve le sentiment d’atteindre le plus secret de moments cosmiques au sein même de divers quotidiens. Ils deviennent le « temps à l’état pur » dont parlait Proust. Le monde est suspendu. Les frontières du réel sont disloquées pour permettre une traversée de l’inconnu. . La créatrice offre un troisième œil à la manière de ce que proposent certaines cosmogonies asiatiques. Il permet par effet de surface de percevoir des énigmes.

Maryse Magnin, exposition, Galerie Cyrille Putman, Arles, du 21 juin au 31 août 2018.

Entretien : 

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
C’est la pureté des lumières du matin qui succèdent à la nuit.

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
J’avais des rêves de lumière et c’est vers eux que je vais .

A quoi avez-vous renoncé ?
À monter les Méharis, suite à une chute.

D’où venez-vous ?
D’une région dont les sables sont absents.

Qu’avez-vous reçu en dote ?
La passion des espaces infinis et la photographie, cette dernière commune avec mon père.

Un petit plaisir quotidien ou non ?
Acheter un petit morceau de rêve, un billet d’avion.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?
Mon extrême isolement c’est en particulier dans le désert que je réalise la plupart de mes photos.

Comment définiriez vous votre approche ?
Très proche de Rudolf Lehnert.

Quand avez-vous commencé à photographier ?
A 13 ans .

Quel est la première image qui vous interpella ?
Un portrait d’une jeune Berbère Algérienne par Rudolf Lehnert Afrique du Nord,Berlin 1924 .

Et votre première lecture ?
Verlaine, Rimbaud nos deux monstres sacrés.

Quelle musique écoutez-vous ?
Johnny Cash, Valérie June.

Quel livre aimez-vous relire ?
« On the Road » de Jack Kerouac.

Quel film vous fait pleurer ?
« Profession reporter » de Michelangelo Antonioni.

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ?
Mon arrière grand-mère paternelle Eugénie Ogier.

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
À Paul Bowles.

Quel lieu a  valeur de mythe ?
Tassili n’Ajjer.

Quels sont les artistes et écrivains dont vous vous sentez le plus proche ?
Lehnert&Landrock, Jack Kerouac, Neal Cassady.

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Un voyage ,un téléobjectif.

Que défendez-vous ?
La liberté, l’art photographique, l’Afrique.

Que vous inspire la phrase de Lacan : « L’Amour c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas »?
La tristesse.

Que pensez-vous de celle de W. Allen : « La réponse est oui mais quelle était la question ? »
Le comble de la distraction.

Quelle question ai-je oublié de vous poser ?
Quand repartez-vous ?

Présentation et entretien réalisés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 18 juin 2018.

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