Elise Bergamini, Venus Vesper (exposition)

Elise Bergamini, Venus Vesper (exposition)

Du boudoir à l’autel

Grâce à Elise Bergamini, Vénus crée une sorcellerie amoureuse particulière rouge sang et noir en une suite d’images de dévotion et de prière. La divine déesse devient plus révoltée qu’implorante, dégoûtante à tous les sens du terme. Elle rappelle au passage ces religieuses qui dans les premiers textes enluminés allait cueillir des phallus sur l’arbre où ils poussaient.
Les œuvres de la créatrice créent par morceaux un théâtre dressé sur la face cachée du monde. La théâtralisation s’y opère par le graphisme et le langage qui, dans sa répétition, s’illimite. L’éros du l’image n’est plus frivole, il devient une manière de désobéir à une organisation rigide et étroite. C’est un choix délibéré pour transmettre des idées subversives en une passion de dresser l’existence sur notre abîme. Le statut de femme et de la Femme souvent encore recluse, réduite au rang de spectatrice passive de sa « nature », change de régime figural.

C’est un superbe tour de passe-passe, de maîtrise et de transgression. Le « volume » donné par la créatrice à l’art rose ne cherche plus seulement à aller à la rencontre du voyeur en éveillant son plaisir. Il révèle la femme en la poussant a priori sur la scène de l’obscène : mais en ne dévoilant que des traces. Clôtures et invitations sensorielles sont révélatrices des profondeurs du féminin et de l’hypocrisie sociale.
Surgit un nouveau lieu aussi physique que mental dans cette dramaturgie du corps transformé en langage visuel.

jean-paul gavard-perret

Elise Bergamini, Venus Vesper, exposition collective, L’Atelier – Espace arts plastique, 77290 Mitry-Mory, du 8 mars au 29 avril 2017.

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