Edoardo Delille & Giulia Piermartiri, Atlas of the New World

Edoardo Delille & Giulia Piermartiri, Atlas of the New World

Ce livre visualise l’impact futur du changement climatique en fusionnant des paysages du monde réel avec des transformations projetées. Delille et Piermartiri se sont plongés dans les données climatiques des Nations Unies. Ils ont identifié six zones comme les plus vulnérables du monde dont les Maldives, la Californie aux États-Unis, le massif du Mont Blanc en France, le Mozambique en Afrique, des parties de la Chine qui bordent le fleuve Yangtze comme la ville de Chongqing et des parties de la Russie, comme sa capitale Moscou.

Le duo de photographes précise :  » Pour chaque endroit visité, nous avons cherché des images du paysage qui pourraient représenter cette transformation. Elles ont ensuite été insérées dans un projecteur flash synchronisé avec notre caméra. Grâce à cette technique, au moment de la prise de vue, la caméra enregistre la scène réelle avec les personnes représentées, sur laquelle l’image du futur paysage est superposée. Et ils précisent : « le monde que nous avons représenté sera le monde dans lequel ces enfants vivront. Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin que les nouvelles générations grandissent avec l’idée que la planète doit être préservée ». Le résultat des efforts de Delille et Piermartiri est évident dans leurs séries.

Une telle paire d’artiste croit au potentiel communicatif de leur photographie. Ils permettent aux images colorées et psychédéliques d’Atlas of the New World d’attirer le public. Celui-ci réalise alors qu’il y a un avertissement apocalyptique sous-tendu par l’information visuelle à laquelle il est confronté. De telles photographies sont un outil fondamental de connaissance pour que leur message soit d’abord compris puis diffusé. Les adultes et les enfants sont également attirés par ces images de rêve, mais seuls les premiers peuvent aider les seconds à comprendre leur signification.

Captivantes, oniriques les photographies mélangent le présent et l’avenir perçu. Au-delà de l’impulsion environnementaliste du projet, ces images sont également fortes pour leurs mérites artistiques. Certaines œuvres du projet portent également une qualité humoristique morbide qui ne fait que les rendre d’autant plus inquiétantes. Tout est époustouflant et nécessite une attention immédiate des spectateurs dans et au-delà du monde de l’art.
Atlas of the New World reste donc un corpus d’œuvres opportun, arrivant à un moment historique où plusieurs grandes villes du monde telles que New Delhi et Pékin sont devenues presque inhabitables. Le temps dira si oui ou non les habitants de ces endroits à risque dans le monde peuvent s’attendre à un quelconque répit. Mais comme l’illustre magistralement ce livre, le temps n’est pas de notre côté.

jean-paul gavard-perret

Edoardo Delille & Giulia Piermartiri, Atlas of the New World, L’Artiere, Bologne, 2025, 160 p. – 55,00 €.

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