Dom Juan ( Molière / Macha Makeïeff)

Dom Juan ( Molière / Macha Makeïeff)

 

© Juliette Parisot 

Dom Juan déjoué

Des portes battantes donnent lieu à un ballet provoqué par les personnes qui vont et viennent de part et d’autre de la cloison qui délimite le plateau. La tirade du tabac est hachée, au point de tenter d’en changer quelque mot ; le ton de l’interprétation qui s’annonce est donné : fidèle et libre, c’est-à-dire irrévérencieux.
Les costumes sont assez florissants ; le décor est fixe mais il est animé en creux par des espaces d’échange ou de passage : accès, fenêtres, alcôve. Le jeu et les danses sont allègres, constituant un véritable ballet au son du clavecin. La complicité avec Sganarelle est valorisée au point de supporter l’organisation du propos comme un axe structurant. Mais ce sont les femmes, habituellement estompées devant l’ogre de désir, qui imposent leur figure baroque et déroutante.

Les personnages ne sont pas explorés dans l’intériorité de leur caractère : ils sont tout entiers dévolus aux rapports qu’ils entretiennent avec les autres. Un côté délibérément bouffon et précieux estompe l’aspect existentiel et dramatique de la pièce ; on a changé d’époque, troqué la vigueur de l’esprit pour l’effusion des sens.
Une recherche esthétique qui se meut fréquemment en chorégraphie d’allure improvisée, avec quelquefois des airs de singerie. Acculé, Dom Juan termine désemparé, vidé, devenu l’objet de son sort inéluctable. Sa chute en lui-même est orchestrée dans une atmosphère fantastique.

Une représentation généreuse et enjouée, originale dans une dynamique qui valorise les femmes et la sensibilité : notre temps revisite ses mythes, quitte à les destituer de leur puissance.

christophe giolito 

Dom Juan

d e M o l i è r e

Mise en scène, décor, costumes Macha Makeïeff

 Avec : Xavier Gallais (Dom Juan) ; Vincent Winterhalter (Sganarelle) ; Irina Solano (Elvire, le spectre) ; Pascal Ternisien (Dom Luis, Monsieur Dimanche) ; Jeanne-Marie Lévy (une libertine, musicienne) Xaverine Lefebvre (Charlotte, une libertine, le commandeur) ; Khadija Kouyaté (Mathurine, une libertine) ; Joaquim Fossi (Dom Alfonse, Pierrot) ; Anthony Moudir (Dom Carlos, Gusman)

Lumière Jean Bellorini, assisté d’Olivier Tisseyre ; son Sébastien Trouvé, assisté de Jérémie Tison ; maquillages, perruques Cécile Kretschmar ; mouvement Guillaume Siard ; toile peinte Félix Deschamps Mak ; assistante à la mise en scène Lucile Lacaze ; assistante à la scénographie Nina Coulais ; assistante aux costumes Laura Garnier ; assistante aux accessoires Marine Martin ; régie générale André Néri ; régie plateau Marine Helmlinger ; machiniste accessoiriste Jeanne Doireau ; stagiaire technique Joamin Vasseur ; stagiaire Pavillon Bosio Louise Chatelain ; coordination générale et production Mathieu Gerin ; administration Pauline Ranchin ;
diffusion Pascale Boeglin-Rodier ; construction des décors et confection des costumes ateliers du TNP ; construction des accessoires DTMS Machiniste Constructeur du Lycée professionnel Jules Verne – Sartrouville.

Au théâtre de l’Odéon-Théâtre de l’Europe, Place de l’Odéon 75006 Paris, 01 44 85 40 40

du 23 avril au 19 mai 2024, du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h. Durée 2h30.

Relâches les lundis et le mercredi 1er mai ; représentations surtitrées en anglais les 27 avril et 4, 11, 18 mai ; représentation surtitrée en français le 3 mai ; représentations avec audiodescription les jeudi 16 et dimanche 19 mai. Création mars 2024.

Stage de jeu pour personnes entendantes et sourdes / malentendantes Samedi 4 et dimanche 5 mai – Odéon Théâtre de l’Europe.

Donjuanisme et séduction à l’ère post-‘Me Too’ Séminaire contrepoints en écho au spectacle
Mercredi 15 mai à 18h – Odéon Théâtre de l’Europe.

Rencontre avec Macha Makeïeff et l’équipe artistique Dimanche 28 avril à l’issue de la représentation –Odéon Théâtre de l’Europe.

Coproduction compagnie MadeMoiselle – Macha Makeïeff, Théâtre national populaire –Villeurbanne, Châteauvallon-Liberté – scène nationale de Toulon, Théâtre national de Nice, Le Quai – CDN Angers Pays de la Loire, Grand Théâtre de Provence

Avec le soutien du Dispositif d’Insertion de l’ÉCOLE DU NORD, financé par le ministère de la Culture et la Région Hauts-de-France ; du dispositif d’insertion professionnelle de l’ENSATT ; de Arsud ; du Pavillon Bosio, École supérieure d’arts plastiques de Monaco. La compagnie MadeMoiselle est soutenue par le ministère de la culture.

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