Didier Ayres, Cahier Art (7)

Didier Ayres, Cahier Art (7)

Manet, L’asperge en 1880, huile sur toile H. 0.169 ; L. 0.219

A compter du 03 01 2022, Didier Ayres va livrer régu­liè­re­ment dans les colonnes du litteraire.com les méditations extraites de son Cahier Art, qu’il pré­sente ainsi :

j’ai conçu ces textes comme des frag­ments, frag­ments de fragments qui tous, comme dans le cal­cul d’une sphère, confinent à des­si­ner un orbe, celui de la défi­ni­tion de l’art, de l’artiste, du poème

cette vision ne m’a été offerte finalement qu’après la mise au propre des 12 entrées de cette publication

mais celle-ci a gardé le côté lapidaire qui conve­nait bien ici à mon régime d’écriture

il faut donc lire ces textes comme autant de petits lamparos dans les eaux intérieures

 

Et même si l’art a un lien avec le corps, il reste lui-même, juste empreint
d’un peu de chair.

Quel regard faut-il à l’artiste pour toucher la globalité de son objet,
dénoncer les faits puis les rendre à leur vérité ?

Le poème est autarcique.

Le poème existe dans ce qui n’existe pas.

Vient après la réalité.

Et pareillement la devance.

Car appuyé à une absence.

Un rêve de soi.

La possible naissance de l’art est don.

Je pense nettement ici à la peinture (peut-être à l’asperge de Manet).

Sinon, tout y est trine.

Opiniâtreté, travail, intuition.

Sans repos stylistique.

À vif, disons.

Une force intérieure.

Elle seule conduit l’artiste, son espoir.

Même s’il est grandement nourri de solitude.

Aller donc à la rencontre.

L’œuvre d’art ne dépend de rien, sauf sans doute du discours (pensons à Ben).

Un travail qui se compte en courtes décennies (pensons à Pollock).

Sur de nombreuses pentes.

Livrer la personne à la personne (personne, c’est-à-dire Personne).

Donc, sous-entendre la perte et l’absence.

Il faut suivre les ramifications des formes.

 

Consulter l’intégralité des 12 fragments

didier ayres

Saint-Junien/Paris/Grenoble – 21/22

Laisser un commentaire