Davide Domenici, Les Mayas. Trésors d’une civilisation ancienne

Davide Domenici, Les Mayas. Trésors d’une civilisation ancienne

Un livre magnifiquement illustré qui introduit avec clarté et concision à l’univers des Mayas et des Olmèques

On sait généralement peu de choses des civilisations anciennes qui se sont développées à l’écart du Vieux Continent. On ignore parfois jusqu’à leur existence, trop centrés que l’on est sur sa propre Histoire judéo-gréco-chrétienne. Certaines de ces cultures pourtant exercent sur nous un étrange pouvoir de fascination, notamment les civilisations méso-américaines pré-hispaniques (Olmèques, Mayas, Toltèques, Aztèques…). Des images surgissent soudain en pagaille, qui mélangent pêle-mêle Quetzalcoatl, visages granitiques à gueule de jaguar, temples à étages, souverains-chamanes coiffés de casques étranges et bariolés… etc.
La collection « Trésors d’une civilisation ancienne » des éditions White Star permet de remettre un peu d’ordre dans tout cela et de jeter quelque clarté sur ces peuples d’outre-Atlantique qui ont précèdé l’arrivée des conquistadors au XVIe siècle.
Ce livre – premier tome d’un triptyque annoncé – est consacré aux Olmèques et surtout aux Mayas, qui ont largement dominé un territoire méso-américain s’étendant du Mexique jusqu’au Nicaragua, en passant par le Guatemala, le Bélize, le Honduras et San Salvador, et ce de -2500 avant JC pour la période dite « pré-classique ancienne » jusqu’à 1519 après JC, période nommée « post-classique récente ».

Autant le dire tout de go : ce beau livre, extrêmement bien illustré (232 photos en couleurs) et richement documenté, est une merveilleuse entrée en matière pour qui veut pénétrer les arcanes de ces civilisations anciennes. S’il s’agit là d’un bel objet, sa vraie qualité est de marier clarté et concision. Et surout de susciter l’envie d’aller un peu plus loin dans la connaissance de ces mondes révolus… Ce qui est loin d’être évident lorsque l’on sait la complexité historique de toutes ses cités-États mayas qui ont tour à tour fleuri, prospéré, avant de péricliter au cours des siècles. L’auteur, l’archéologue italien Davide Domenici, a pourtant réussi ce tour de force.

Cet ouvrage commence évidemment par la civilisation olmèque et la création des premières sociétés hiérarchisés vers -1600 avant JC sur le territoire mixe-zoque entre le Guatemala et le Chiapas. Déjà, dans cette aire isthmique, on se rend compte de l’existence d’une certaine unité linguistique et culturelle entre les différentes seigneuries. Mais dès les environs de -600 avant JC apparaissent les premières cités mayas parmi lesquelles El Mirador, Uaxactun et bien entendu Tikal. Cette dernière devra pourtant attendre quelques siècles pour devenir, durant la période classique (250 après JC- 900-1000 après JC), la première grande cité-État du Petén. Une splendeur attestée par ses magnifiques centres monumentaux, ses stèles à bas-reliefs qui racontent tant d’histoires sur les “exploits” magnifiés de ses souverains, sur les guerres avec les cités-États voisines (en particulier Calakmul).
Davide Dominici nous rappelle d’ailleurs que, longtemps, incapables de déchiffrer les inscriptions mayas, les archéologues pensaint qu’elles n’évoquaient que des questions astronomiques ou calendaires. En 1950, on découvrira qu’il s’agissait aussi et surtout d’un magnifique moyen de propagande pour les souverains en place… 
 
Il est difficile de résumer un tel livre… l’histoire des civilisations olmèques et mayas est beaucoup trop riche et complexe. Une chose est sûre : il se lit comme un roman et l’on suit avec passion les différents chapitres consacrés à l’écriture maya, à son système calendaire (“Le Compte Long”), aux relations entre les multiples royaumes, aux scènes d’autosacrifice auxquelles se soumettaient les nobles de haut rang pour atteindre l’extase et prouver leurs pouvoirs chamaniques (en entrant soi-disant en contact avec les morts), ou encore à l’étonnant Jeu de balle (apparu dès -1600 avant JC à Paso de la Amada) qui a tant fasciné les Espagnols… Ces mêmes Espagnols qui, au début du XVIe siècle, sonneront le glas de ces civilisations méso-américaines. Il nous reste tout de même, et fort heureusement, des témoignages tangibles (les sites de Tikal, de Palenque, Copan, Chichén-Itzà…) d’une Histoire incomparable. Et désormais ce livre hautement recommandable…

michael herviaux

   
 

Davide Domenici, Les Mayas. Trésors d’une civilisation ancienne (traduit par Pascale Liegeon), éditions White Star, novembre 2006, 29 x 32 cm, 232 photos couleurs, relié sous jaquette, 208 p. – 25,00 € jusqu’au 31 janvier 2007 (ensuite 29,90 €.)

 
     
 

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