David et Leigh Eddings, Le Réveil des anciens dieux

David et Leigh Eddings, Le Réveil des anciens dieux

Voici le premier tome d’une nouvelle tétralogie où D. et L. Eddings demeurent fidèles à leur thème favori : les dieux et leurs dilemmes

Huit dieux règnent sur le pays de Dhrall ; quatre sommeillent pendant que les autres veillent sur les peuples habitant le continent. Et des siècles et des siècles plus tard, les dormeurs s’éveillent pour laisser les autres se reposer à leur tour. Le récit démarre alors que le temps de la succession approche. C’est ce moment-charnière qu’attend avec patience Ce-qu’on-Nomme-Le-Vlagh pour prendre le pouvoir en asservissant les humains. Mais l’un des dieux anticipe cet infâme projet en réveillant ses comparses endormis avant la fin du cycle. Il les projette dans des corps d’enfants humains, que ses semblables élèvent. Très vite, ils s’aperçoivent de la puissance qui émane des rêves de leurs protégés. Dieux et enfants partent alors à la recherche de peuples plus évolués que ceux du pays de Dhrall. Ils parcourent les continents proches et engagent pirates, légionnaires, amazones et guerriers pour former une alliance et tenter de protéger les terres et les vies des habitants du pays de Dhrall. Mais surtout, les dieux espèrent que les combattants vont contrer les plans du Vlagh. Et il va en falloir, du monde, pour vaincre une armée constituée de bêtes mutantes, à la fois hommes, reptiles et insectes, que la mort n’effraie pas ! Un combat sans précédent s’engage entre les armées des enfants Rêveurs et les troupes innombrables de celui qui ne dort jamais.

 

David et Leigh Eddings entament une nouvelle tétralogie avec ce premier tome Le Réveil des anciens dieux. Fidèles à leurs habitudes, ils ont conservé ce qui a fait le succès de la Belgariade et la Mallorée : un prologue qui pose les principaux éléments du récit, la formulation des enjeux et un brin d’histoire pour situer le tout. Reconnaissons que l’exercice est difficile puisque cet ouvrage doit à la fois donner des explications suffisantes pour la compréhension de l’ensemble, être accrocheur, et amener le lecteur à apprécier les protagonistes. Ici, les auteurs maîtrisent la technique et ne s’embarrassent pas de subtilités. Le prologue sert de cours de géographie et de mythologie, très utile si on se perd quelque part. Sauf que ceci ne risque pas d’arriver ! Car sous couvert de dialogues entre les différents personnages, les informations clés sont reformulées une à deux fois par chapitre. Le lecteur sait où il est, pas de doute. Il constate aussi d’emblée que tout décorum est à prohiber, la franchise et la camaraderie sont de mise au pays de Dhrall. Quitte à exaspérer ceux qui souhaiteraient garder un peu de distance. Mais comme le tout est soutenu par une écriture simple et claire, le récit fonctionne.

 

D’ailleurs, l’intrigue ressemble à celles des block busters servis depuis quelques années par nos amis américains. Succès assuré et lecteur rassuré : pour peu qu’on en ait vu ou lu deux, on devine facilement le dénouement du troisième. Reste le sujet en lui-même, qui aurait pu être novateur. Mais David et Leigh Eddings s’en sont tenus à leurs premières amours : les dieux et leurs dilemmes. Les êtres immortels et blasés sont en butte à un problème que seuls les humains peuvent résoudre, s’ils sont bien guidés. Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même… Mais n’en dévoilons point trop ! Le lecteur averti n’a pas besoin d’en savoir plus, laissons le plaisir de la découverte aux novices…
Rien de neuf sous le soleil donc, si ce n’est que les joueurs de Confrontation seront amusés de retrouver des éléments de leur jeu de plateau favori, et que les fans de Fantasy chasseront les clins d’œil aux œuvres majeures du genre et autres citations détournées – que la traduction rend parfois peu évidentes à trouver. Mais remercions monsieur Mallé de les avoir préservées !
Ce texte, qui se lit très vite et sera oublié avec tout autant de célérité, est à réserver aux inconditionnels de ce couple prolifique et à ceux qui ne le connaissent pas encore.

anabel delage

   
 

David et Leigh Eddings, Le Réveil des anciens dieux, (traduit par Jean-Claude Mallé), Fleuve Noir « Rendez-vous Ailleurs », 2004, 261 p. – 19,00 €.

 
     
 

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