Dans la jungle des villes

Dans la jungle des villes

La mise en scène surdétermine le texte au point de l’éclipser

Ca commence par une grande vidéo qui couvre l’ensemble du rideau. Elle montre l’agression du commis George Garga par le négociant Schlink et sa bande. L’écran s’ouvre ensuite sur la scène occupée par les acteurs de la vidéo, certains devenus musiciens. Garga termine sa course dans le haut du théâtre, où il est suivi par un projecteur. Après avoir fui, il accepte le défi qui lui est lancé. Durant tout le spectacle, les projections vidéos géantes viennent alterner avec le jeu de scène.
Omniprésence de la musique rock, les rifs de guitare ou de basse accompagnant les répliques et soulignant la violence des rapports entre les personnages. La vidéo projette des images de fuite, de duel, de harassement, parfois doublées avec le jeu des acteurs.

Le procédé est séduisant, mais s’épuise. Son ressort n’est pas efficace. On a affaire à de belles images, de belles mises en situation, mais la mise en scène surdétermine le texte au point de l’éclipser, au lieu de le mettre en valeur. La pièce procède de revirements de situations qui apparaissent là attendus. Elle traite l’amour comme un facteur plutôt que comme une valeur, sans qu’on manifeste la cruauté de la chose. Le propos consiste à montrer les étapes d’un combat perdant-perdant. Le spectacle a son charme, mais ne passe pas la barrière de la mémoire. A terme le public se montre intéressé mais sans passion. Tous les tableaux sont bien construits, mais ne libèrent pas le sens.

 

Photo © Elizabeth Carecchio
 christophe giolito

Dans la jungle des villes
de Bertolt Brecht
traduction de l’allemand Stéphane Braunschweig

mise en scène Roger Vontobel

Avec : Clément Bresson, Rodolphe Congé, Cécile Coustillac, Annelise Heimburger, Arthur Igual, Sébastien Pouderoux, Philippe Smith et avec la participation de John Arnold

Dramaturgie : Anita Augustin
Scénographie : Claudia Rohner
Costumes : Eva Martin
Collaboration artistique et vidéo : Christine Seghezzi
Musique : Daniel Murena
Maquillages et coiffures : Justine Denis
Assistante costumes : Isabelle Flosi
Assistante scénographie : Adèle Dittrich
Lumière : Stéphane Hochart
Production La Colline – théâtre national avec le soutien du Goethe-Institut de Paris

Le texte est publié à L’Arche éditeur, 1998

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