Danielle Querol, Carnet de nuit(s)
Vertu du poème
Pour Danielle Querol, « Traverser la nuit, / ce frêle fil de l’âme », revient à « chanter dans le noir » mais pour se concentrer sur un rai de lumière, voire le « grand soleil d’or pâle ». Une telle femme sent le temps qui passe autour d’elle, fendille à peine l’infini en une fissure dans l’aube. De petits nuages noirs n’annoncent aucun orage et les poèmes ne sont en rien des sépultures. Reste la clé qui n’intéresse personne mais attire tout le monde.
Imaginons la poétesse montant une colline : comme Kierkegaard, elle pense déjà à l’autre côté et reste concentrée sur un effort vers l’autre, à la portée de son regard. Son chemin de la vie est comme le chemin sous ses pas. Qu’y trouve-t-on ? Danielle Querol répond dans une lutte intérieure à chaque instant avec son ange qui, parfois, pourrait la terrasser mais le plus souvent l’emporte.
jean-paul gavard-perret
Danielle Querol, Carnet de nuit(s), Encres Vives, 2025, 24 p. – 6,60 €.