Corbeyran & Ippóliti, Reines de sang – Irène de Byzance, « L’iconophile » t.01
Un fascinant parcours
Jusqu’aux confins de l’Empire romain d’Orient, des soldats font la chasse aux icones. Ils appliquent une décision de l’empereur Leon III prise en 726. Officiellement aboli, le culte des images religieuses ne disparaît pas totalement. Cela entraîne un conflit entre les chrétiens d’Orient et ceux d’Occident pendant des décennies.
C’est en 752, à Athènes, au sein d’une riche famille de l’aristocratie, que naît une fille que son père appelle Irène. Mais, en 754, ses parents meurent de maladie. Irène est élevée par son oncle Constantin.
En 768, l’empereur Constantin V organise, à Constantinople, un concours de beauté pour trouver une épouse à son fils. Irène est conviée grâce à l’entregent de son oncle. En se préparant pour ce concours, elle fait la connaissance de l’eunuque Staurakios qui va la conseiller. Elle est choisie et épouse Leon le Khazar qui devient empereur très vite.
Irène œuvre alors pour faire restaurer le culte des icones, mais va aller bien au-delà…
La décision de l’empereur de proscrire les représentations en images du Christ, de la vierge Marie, des saints, donne lieu à une répression féroce, à des assassinats de moines et autodafés. Les persécutions firent de nombreuses victimes et une destruction conséquente de ces images pieuses.
Irène, iconophile depuis l’enfance, se trouve très vite confrontée au choix de son époux qui prolonge les décisions de son père. Parallèlement, elle va devoir s’imposer lorsqu’elle devient impératrice et vaincre des complots quant elle est amenée à régner, en tant que régente, son fils étant trop jeune pour le faire.
Le scénariste, en l’occurrence, Éric Corbeyran, sait maîtriser un récit, que celui-ci relève de la fiction ou de l’Histoire comme c’est le cas ici. Il brosse le parcours de la seule femme ayant porté le titre d’Empereur romain et sait révéler le cheminement qu’elle a su assurer pour arriver à ses fins.
Ippóliti assure une mise en images efficace. Son dessin réaliste donne vie à cette femme d’exception et montre des décors d’une belle tenue. Il exécute des portraits convaincants de la jeune femme, faisant ressortir la volonté qui l’anime.
Ce premier volet du diptyque consacré à cette impératrice est engageant par la justesse du récit, le ton des dialogues peaufinés par un maître dans le genre et une mise en images très attrayante.
serge perraud
Corbeyran (scénario) & Ippóliti (dessin et couleurs), Reines de sang – Irène de Byzance, L’iconophile t.01, Delcourt, coll. Histoire & Histoires, avril 2025, 56 p. – 15,95 €.