Collectif, Jean Planque en Provence – Un rêve exaucé

Collectif, Jean Planque en Provence – Un rêve exaucé

Persistance de la « peinture-peinture »

Jean Planque a rallumé bien des visions par la pertinence de ses émotions et sa capacité à revenir aux sources du langage pictural. Lausannois d’origine modeste, il devint un des grands collectionneurs du XXème siècle. Croyant dans la « peinture-peinture », il a compris qu’en un tableau la frénésie de la couleur ne peut se passer de la passion de la structure et des formes. Le Vaudois a retenu dans son époque l’art qui jaillissait tel un envol fondé sur la réalité mais métamorphosé par un travail charnel qui n’oublie jamais l’origine des choses. De Bissière, Dubuffet, Picasso :  il a éliminé de sa collecte tous les artistes bègues dont les travaux ânonnaient des formules apprises.

Conseiller de Beyeler, ses choix ont largement contribué au succès da la galerie de Bâle. Passionné de l’œuvre de Cézanne, peintre lui-même, Planque et son œuvre sont commentés ici par des proches dont Florian Rodari, conservateur de sa collection. Pour celle-ci, la Chapelle des Pénitents à Aix-en-Provence a été entièrement restaurée et aménagée. S’y retrouvent des œuvres aux couleurs tranchées, parfois nocturnes parfois solaires, syncopées ou stratifiées de manière primitives ou sophistiquées.
Une telle collection reste indispensable à qui veut se faire une idée d’un siècle majeur de l’art. Contempler l’œuvre devient un voyage au cœur de la peinture qui remonte l’amont, gagne les sources perdues du rêve qui vise parfois l’éros en se faisant ellipse. Chaque œuvre retenue par Planque reste une île insurgée où demeure la résonance d’un ailleurs qui défie le temps.

jean-paul gavard-perret

Collectif,  Jean Planque en Provence – Un rêve exaucé, Editions La Dogana, Genève, 2014, 64 p. – 15,00 €.

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