Clémentine Chevaline, Porto-folio

Clémentine Chevaline, Porto-folio

Refusant ses trous de mémoire, Clémentine Chevaline expérimente les conditions météorologiques non du temps mais du passé. Ses poupées, ses maisons d’antan réapparaissent pratiquement sous l’état de gaz ou d’éther. Pour le dire ou le montrer, nulle question de les aborder dans le vague. Tout est conçu par découpes plastiques pour pratiquer certains types de dépeçages.

L’invisible devient nommable en cet assemblage et développement d’un livre porto-folio qui étalonne et jalonne sa propre mémoire . Bref, c’est un auto-engagement des blancs-sein(g)s de ceux qu’on ne saurait voir – du moins certains.

Restent ici des fragments rouge sombres d’ailes de l’épervier ou de blancheur de têtes. Le tout dans le zèle d’un tel désir où les images font carlingues. Volant en diverses plumes, l’artiste ne dit pas « cot cot » mais « cut cut »(up) dont il faut regarder son monde en pièces et pièges détachées.

Nous pouvons ainsi fouiner la mémoire d’une existence non sans désordre mais programmée même si l’artiste se transforme en inconnue quand dont nous tournons religieusement ces pages où est suggéré moins de l’ornement ou du décor qu’un moyen de dépasser la surface de ce qui ne se saisit, ne se voit pas : par nostalgie ? Qui sait ?

Clémentine Chevaline, Portofolio, 2025, non paginé, voir son FB.

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