Claudine Loquen au Pavillon des Terres (exposition)

Claudine Loquen au Pavillon des Terres (exposition)

Jouant avec poésie de la figuration dite naïve, Claudine Loquen donne à ses personnages le droit de franchir leurs cases et leurs damiers. De fausses reines croisent de preux chevaliers (enfin presque) là où des animaux lutteurs colorés du cafard longent héros et héroïnes l’amour aux trousses.

Nous croisons des corps minces adolescents – mouettes sur un rocher, babas d’amour et nid d’osier. Elles attrapent des groseilles, rêvent rose tandis que leurs princes charmants se verraient bien avec chacune d’elle ermites termites fermant sur deux le verrou d’un château. De telles silhouettes dans l’aube aux soies de ronces échangent leurs complies .  » N’es-tu entre nous que là-bas, de toi ne serais-je qu’ici même ? » demande l’une d’elle. A l’autre, devinons son écho.

Ainsi, du masculin au féminin l’histoire du labyrinthe de l’être se multiplie dans le goût des jeux. Une pureté prend l’esprit des amants qui ont bien mieux à faire que se perdre dans le blanc et le noir de l’échiquier du temps. Pour eux, le plaisir a un sens : ses cercles se multiplient et leur érotisme discret, ludique, drôle s’amplifie d’humanité.

Une telle peinture réverbère du silence et lui donne du son en de tels sortilèges courbés sous les ponts- levis des chimères avivées. La peinture sémillante est plus profonde que ce qu’elle feint de montrer. Sensualité et âme vont de paire. Elles n’ont plus d’âge, mais des contes nous reconnaissons tout.
Voici filles et garçons comme de (belles) plantes grimpantes sur des hypoténuses sans triangle, là où le désir fascine sans que le plaisir tue – bien au contraire. Là où dans tant de fleurs, jusqu’à l’hibiscus pourpre et au nénuphar blanc, l’ombre n’existe pas. Car avec Claudine Loquen, lumière n’est que lumière.

L’artiste invite la vie à se lever, à s’élever toujours un matin de plus sur les remparts de l’imaginaire et de ses vagabondages. Ils traversent nos miroirs par les syllabes de couleurs des contes où les images disent ce que les mots ne pourraient montrer.

Claudine Loquen au Pavillon des Terres, Saint Marton de Boscherville, du 30 avril au 20 juillet 2025.

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