Clarke, Mister President
Doté de tous les pouvoirs, le président a aussi toutes les tares. On rit jaune… mais qu’est-ce qu’on rit !
Mister President est dans la place et met le feu à la Maison Blanche ! Cette phénoménale BD aux relents nucléairement instables de relations sexuelles douteuses avec des secrétaires pneumatiques et respectueuses, s’adresse à tous les mal embushés qui s’en délecteront !
Cette brillante analyse des clichés caricaturaux autoprésentés par la présidence étatsunienne elle-même à travers tous les délires secto-clono-gavelo-captainaméricanesques se révèle une excellente thérapie zygomatique contre les phobies contemporaines nourries par ce pays. C’est à en pleurer – voire à en p… – de rire !
Le rire détend, et le rire sait être savoureusement critique, réduisant les plus grandes prétentions politiques à leur relativité tout humaine, à leur organique médiocrité, et avec ces petites saynètes, on se soulage vraiment de ces peurs pas si primales que ça.
Clarke n’aime pas les USA, et les USA ne sortent pas indemnes de sa plume ravageusement caricaturale. Tout de même, il nous aide vraiment à comprendre le drame que représente pour le président l’exercice de sa fonction : pas le droit à une libido forcenée et démesurée lorsqu’on est président, et les blagues c’est pas trop permis, alors, quand en plus on grille au micro-ondes la délégation consulaire chinoise, qu’on est victime de terroristes attaques intra-testiculaires, comment ne pas susciter la compassion de tous ? Ah, quel dur métier, président des États-Unis d’Amérique !
Un seul mot : dévorez Mister President, et ce sont les drolatiques crampes d’estomac assurées !
N’oublions pas les bonus : de distrayants jeux ludoéducatifs pour toute la famille, « jouons avec le président », sont intégrés à l’album.
samuel vigier
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Clarke, Mister President, Le Lombard coll. « le troisième degré », 2004, 48 p. couleur – 9,45 €. |
