Christian Prigent, Chino fait poète
dans ce nouveau livre existe une tempête sous son crâne , voire un Ave C (Chino) où le langage poétique crée une invention géniale d’une élaboration exceptionnelle, un délirium si peu très mince dans une distillerie du genre. Emanent paysages extérieurs ou intérieurs et autre billevesées remarquables.
Se prétendant une star, Prigent ne voit pas mieux de lui que son « corps caverneux gavé au goémon ». Mais, habile, « il ne gît pas aux boues bleu crasseux mais dans un roux de toisons pleut ». Tout devient alors subtil même si le garnement d’hier et l’écrivain parvenu d’aujourd’hui pourrait repérer de l’hideux car c’est un habile homme et météorologue : « dehors la vacherie exhale et du pétale (foutreau) te pleut » mais pour autant qu’importe si, comme les Anglais, il pleut des chiens et des chats.
Tel un mage à son image, il sait enjtre autres que « l’alvéolé détritique en douce y fait des bulles qui façon spa te chatouillent si tu trépignes dessus en gloussant ». Restent ainsi des manière d’ourler la voie poétique. Chino ne s’en prive pas.
Enfant, adolescent, vieillard il résiste à tout et à ses envoûtements. Cela concerne la « poésie », qu’elle soit rebelle ou non, manière Baudelaire, Rimbaud. Ducasse, Hölderlin , Artaud, Bataille et ribambelle.
Devenant patriarcal, il libère les nœuds des manières d’être, de penser, de parler, d’écrire, de réguler l’opacité, la monstruosité voire les erreurs obscènes de la nature. Cette ivre sommation n’est commandée par aucun instinct spécialement mauvais.
De ce qu’il faut aimer, Prigent sait taire sainte et toutes les bonnes intentions de l’enfer. Preuve que la poésie est une bonne mer (de Bretagne bien sûr).
jean paul gavard perret
Christian Prigent, Chino fait poète, P.O.L. éditeur, Paris, février 2024, 176 p. – 19,00 €.
