Cherub : Mission 1 : 100 jours en enfer / Mission 2 : Trafic

Cherub : Mission 1 : 100 jours en enfer / Mission 2 : Trafic

Deux premières missions de Cherub pour faire connaissance avec des agents spéciaux très… spéciaux !

Cherub est un centre anglais un peu particulier. En son sein, des enfants s’entraînent à devenir des agents secrets chargés de s’occuper des tâches que les adultes ne peuvent pas accomplir. Car les enfants sont des êtres innocents dont nul méchant ne se méfie. L’ordre à Cherub est primordial. Les agents portent tous des tee-shirts dont la couleur est fonction de leur expérience. On ne parle pas aux futures recrues, on regarde avec envie les tee-shirts noirs, et on craint la mise au placard. L’ombre de James Bond plane. Et s’il y a Mac, le dirigeant de ces agents un peu spéciaux, qui est l’égal de M., on cherche Q. : il manque un inventeur génial pour équiper tout ce beau monde.


Mission 1 : 100 jours en enfer

James est un enfant de Dickens. Une mère obèse qui se saoule en compagnie d’un beau-père qui ne vient que pour lui voler ses économies, des enfants à l’école qui ne pensent qu’à se moquer et une violence qu’il n’arrive pas à maîtriser. Au point de commettre l’irréparable : en cours il agresse la sœur d’un caïd. Mais pas le temps de réfléchir. Après de nouveaux déboires, James se retrouve dans un orphelinat où il continue ses bêtises. James est très fort en calcul mental. Et ça va le sauver. Car James découvre Mac et son organisation un peu spéciale, Cherub. Cherub est une agence secrète gouvernementale où règne une rigueur militaire drastique, dont les agents ont entre 10 et 17 ans. Autant de charmantes têtes blondes et angéliques, mais parfaitement professionnelles, employées à infiltrer des organisations criminelles.

Pour James, Cherub est la dernière chance à saisir sous peine de sombrer dans la délinquance. Et puis les filles sont jolies. Surtout celle qui se charge de lui donner des cours de natation. On n’intègre pas Cherub comme ça. Il y a des tests, ils sont inhumains et ils durent, ils durent. 100 jours sous la houlette d’un despote machiavélique. Des équipes sont créées et dans l’adversité, elles se soudent. James a pour coéquipière Kerry, une jeune fille dont il tombe amoureux. Même pas 12 ans, aux portes de l’adolescence, James plonge dans celui des adultes. Une fois les tests passés avec succès, James part pour sa première mission. Il infiltre un squat de hippies inondé par la boue, qui héberge de dangereux éco-terroristes. Il faudra alors faire preuve de subtilité et d’initiative tout en se méfiant des sentiments qui peuvent naître dans un milieu où la promiscuité est très prononcée alors que l’on n’a pas de véritable identité. Être agent secret a ses avantages et ses défauts. Un agent de Cherub peut très vite découvrir que la vie d’un James Bond junior a des côtés frustrants et angoissants.


Mission 2 : Trafic

Deuxième mission pour James qui a déjà reçu une promotion du tonnerre pour service exceptionnel. Ce coup-ci, le challenge est à la hauteur de ce qu’on attend du JB007 Junior. Cherub doit envoyer des agents qui ont pour objectif de faire ami-ami avec les différents enfants d’un trafiquant de drogue. Le GKM est orchestré d’une main de maître par Keith Moore. Ce dernier a toujours fait face à toutes les tentatives pour le faire tomber. Il connaît toutes les combines et distille l’argent de manière à éluder les problèmes. Il fait preuve d’une ingéniosité sans fin. Seul moyen de percer sa carapace, l’attaquer là où se trouve sa plus grande faiblesse, son amour pour ses enfants.

Sur le plan des sentiments, Cherub est une organisation dangereuse pour l’équilibre mental de ses agents. Ce second volet des aventures de James le met plus particulièrement en avant. Sa mission le trouble au plus haut point. Il découvre un monde où il n’y a ni blanc ni noir. Il s’attache à un homme, trafiquant de drogue, qui se révèle charmant dans sa vie privée. James se sent alors l’âme d’un traître au moment décisif de son investigation. Pire encore, 12 ans est l’âge des premiers transports amoureux. Un agent n’a pas de réelle identité. Il apparaît soudainement pour disparaître tout aussi soudainement sa mission terminée. Or James n’est pas préparé à résister au charme des filles qu’il rencontre. Et c’est le point le plus délicat qu’il a à gérer. D’autant qu’il est profondément amoureux. Cette seconde mission est aussi celle de la séparation. Sa marraine à Cherub, celle qui lui a permis de se débarrasser de nombreuses entraves, part à la retraite en Australie. Heureusement pour James, sa sœur a réussi son examen de passage. Et tout comme lui, elle semble à même de faire un excellent agent. De là à dire que les deux font la paire, il n’y a qu’un pas que l’on s’empressera de franchir, lors d’une troisième mission ?

julien vedrenne

Robert Muchamore, Cherub – « Mission 1 : 100 jours en enfer » (traduit de l’anglais par Antoine Pinchot), Casterman Jeunesse, février 2007, 314 p. – 15,00 €.
Robert Muchamore, Cherub – « Mission 2 : Trafic » (traduit de l’anglais par Antoine Pinchot), Casterman Jeunesse, mai 2007, 272 p. – 15,00 €.

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