Cendrine Genin, Rendez-vous
Les photos de Cendrine Genin sont des pensées existentielles en forme de point d’interrogation. La lumière caresse le visage d’une jeune femme ou se contente de scruter l’absence au sein de « choses » vues mais demeurées vacantes là où n’existe que le lieu du lieu. Ne demeure de la maison du rendez-vous (et le plus souvent) que son décor. L’âme y est en transit et interroge notre part d’humanité et de mystère. Pas de place pour le hasard dans des narrations d’une beauté fulgurante englouties dans un certain néant.
Cendrine Genin interroge les visages, les choses ou quelques paysages qui émergent de la brume. Surgit une interrogation sur le temps et sur l’espace, sur l’étrangeté de notre nature humaine, nos filaments charnels et les instants où les âmes des corps et du décor sortent du brouillard de l’oubli.
Demeure une présence obsédée et presque obsédante où le rêve n’est jamais loin. Mais il est en transit dans un lieu de silence. Chaque prise est un bloc d’espace et de temps. La photographie permet de voir l’invisible, d’accéder à la texture du temps, aux traînées de lumière des corps comme des ombres négatives qui sortent du néant.
Des âmes retraversent le Styx pour retrouver l’attente en lieu et place de la présence.
jean-paul gavard-perret
Cendrine Genin, Rendez-vous, Editions Corridor Elephant, Paris, 2018, non paginé.
