Celui qui attend la visite de Cocteau : entretien avec l’artiste Gil Pottier (Le corps et le drapé ou le moment de la métamorphose)
Entretien intempestif avec Gil Potier pour Le corps et le drapé ou le moment de la métamorphose (exposition)
Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
l’envie de voir une nouvelle journée, de commencer une nouvelle toile …. le temps passe vite , il faut en profiter au maximum.
Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
Je n’ai jamais trop eu de rêves d’enfant , on rêvait a ma place.
A quoi avez-vous renoncé ?
A une vie de famille , pour me retrouver au milieu d’une autre famille nombreuse : ma peinture.
D’où venez-vous ?
si j’ose dire : de loin, la peinture dans ma vie n’était pas » programmée « .
Qu’avez-vous reçu en dot ?
La persévérance et la perfection de mon père dans son travail.
Qu’avez vous dû « plaquer » pour votre travail ?
La vie de couple c’est l’un ou l’autre dans la création , il ne faut pas faire les choses à moitié
Un petit plaisir – quotidien ou non ?
Oui découvrir au moins une exposition par jour soit dans un musée ou une galerie ou une pièce de théâtre.
Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?
Les personnages chauves qui accrochent la lumière, avec les drapés pratiquement cubistes le mélange de la rigueur des drapés et de la douceur des personnages.
Quelle fut l’image première qui esthétiquement vous interpela ?
Une toile pratiquement cachée, dans l’ombre, elle paraissait oubliée dans la cathédrale St Jean de Lyon : représentant Sainte Cécile, une très grande toile posée a même le sol . D’une douleur et une douceur à la fois… à la suite de cette découverte, j’ai réalisé une série sur Sainte Cécile.
Et votre première lecture ?
Le conte de Monte Cristo illustré
Pourquoi votre attirances vers « l’androgynie » ?
Je laisse le choix aux gens de voir ce qu’ils ont envie de voir. Pour moi, certaines toiles sont des hommes et pour d’autres des femmes, c’est assez curieux l’interprétation de chacun.
Quelles musiques écoutez-vous ?
Dans les années 90, c’était Léo Ferré mais maintenant je trouve ça triste ; alors c’est un peu de tout avec des textes qui tiennent la route, mais plutôt du classique.
Quel est le livre que vous aimez relire ?
« Le petit Prince » et la bible illustrée par Dali , elle est différente.
Quel film vous fait pleurer ?
« La ruée vers l’or » avec Charlot, c’est très émouvant et « La Strada » de Fellini
Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ?
Le passé
A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
A mon père pour lui dire que je l’aimais, mais il le savait. Mais une lettre c’est réel et plus fort, et ça reste
Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
Venise complètement irréelle, c’est de la dentelle là posée entre ciel et mer.
Quels sont les artistes dont vous vous sentez le plus proche ?
A part Braque et Picasso, il y a Rothko ce peintre Américain avec des masses de couleurs qui m’ont aussi inspiré.
Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
La visite de Cocteau, pour qu’il me fasse mon portrait.
Que défendez-vous ?
Les enfants battus ou abandonnés, la pauvreté en générale, les enfants livrés à eux-mêmes, c’est vraiment triste.
Que pensez-vous de la phrase de W. Allen : « La réponse est oui mais quelle était la question ? »
Je dirais que dans la vie il y a deux sortes de réponses, le oui et le nom….. alors il ne faut pas hésiter à demander quelque chose, car vous avez déjà en vous le non comme réponse, il ne vous reste qu’à obtenir le oui .
Quelle question ai-je oublié de vous poser ?
Et la vie dans tout ça ? n’est-elle pas trop courte ???
Entretien réalisé par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 3 mai 2015.